Benoît-Marie Moriceau : Rien de plus tout du moins / Estefanía Peñafiel Loaiza : L’espace épisodique

 date

du 11/04/2014 au 22/06/2014

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Benoît-Marie Moriceau / Crédac / Estefanía Peñafiel Loaiza

 liens

Crédac

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Au risque de se répéter, il convient à nouveau de souligner l’excellente interaction entre les œuvres présentées au Crédac et le lieu lui-même. Plus encore, cette fois-ci, il s’agissait pour les deux plasticiens conviés à proposer deux mini-expositions personnelles de partir du bâtiment, de son environnement et de son histoire (cette ancienne usine, faite de brique et de verre) pour réaliser leurs pièces.

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Benoît-Marie Moriceau - Sans titre (le pavillon du gardien)
(courtesy Galerie Mélanie Rio, Nantes)

Très littéralement inspiré de l’immeuble jouxtant la Manufacture des Œillets (le pavillon du gardien, situé juste à droite avant d’entrer dans le bâtiment principal), la création de Benoît-Marie Moriceau se veut une réplique en plus petit du haut du pavillon. Bois, métal et polyuréthane sont ainsi utilisés pour reconstituer le toit et les cheminées, sur l’une desquelles un cerf-volant s’est même accroché. À la différence de tant d’interventions similaires, le public peut librement grimper sur la structure, arpentant alors le faîte du toit, façon cambrioleur nocturne, s’agrippant aux cheminées comme le ramoneur de Mary Poppins ou s’accroupissant sur l’un des pans de la toiture tel un chat. Entre réalisation de rêves d’enfant et transposition dans un décor de cinéma, traversée alicienne du miroir (ou de la baie vitrée séparant l’intérieur de l’extérieur) et participation réjouissante des spectateurs, le Français convainc assurément.

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Estefanía Peñafiel Loaiza - daylight factory
(courtesy Crédac)

Pour sa part, Estefanía Peñafiel Loaiza opère par fragments : vidéo faisant surgir d’un bac d’encore noire des photographies de la Manufacture des Œillets, décapage du sol pour mettre au jour les couches successives des salles, dépose au sol des tubes néon et remise en fonctionnement de l’horloge du bâtiment, l’Équatorienne se saisit de plusieurs éléments du lieu pour les réactiver ou les faire renaître. Plus aride dans son résultat que l’intervention de Moriceau, le travail de la jeune femme n’en compte pas moins de qualités, rejoignant son voisin par le léger effort qu’ils réclament tous deux au visiteur. Ainsi, pour véritablement comparer la réplique et le pavillon, le spectateur doit traverser toute la grande pièce, tandis que pour accéder aux salles d’exposition de Loaiza, il faut aller tout au bout du couloir qui sert habituellement de lieu de transition entre les pièces.

François Bousquet
le 31/05/2014

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