Adrien Missika : Amexica

 date

du 25/04/2014 au 13/07/2014

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Adrien Missika / Centre Culturel Suisse

 liens

Centre Culturel Suisse

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Attachement au paysage et à la nature et souvenirs de voyages : tels étaient les deux points saillants qui ressortaient de l’exposition personnelle d’Adrien Missika vue il y a un an tout juste à la Galerie Édouard Manet de Gennevilliers. Pour la monographie que lui consacre le Centre culturel suisse (pays avec lequel le Français a tissé des liens lors de son cursus à l’ÉCAL - école cantonale d’art de Lausanne -), on retrouve naturellement ces deux aspects : ayant longé la frontière Etats-Unis/Mexique (d’où mot-valise de l’intitulé), il en a retiré trois œuvres qui documentent cet espace.

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As The Coyote Flies
(courtesy Centre culturel suisse)

La frontière est naturellement un lieu de déplacement et de migration, mais aussi un endroit risqué que tentent de traverser des milliers de personnes chaque année. Pour se faire, les services de passeurs sont requis ; surnommés les coyotes, ils essaient d’être aussi rapides et furtifs que l’animal du même nom. Furtif, le drone utilisé par Missika pour filmer la frontière l’est aussi : capturant des images en survolant la ligne de démarcation, il se voit conférer ce même nom de « coyote » par le vidéaste qui nous reproduit quelques extraits des heures de rush ainsi réalisées (As The Coyote Flies). Comme les migrants et passeurs, le drone n’avance pas linéairement, nous offrant des séquences de décollage raté ou d’atterrissage en catastrophe. À l’image de cette migration, des cactus, normalement implantés en Arizona, se sont déplacés sur la frontière et ont pu alors être pris en photographie par le Français, dans sa série We Didn’t Cross Border, The Border Crossed Us.

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Saving An Agave
(courtesy Centre culturel suisse)

Plus métaphoriquement, la frontière peut aussi être vue comme la ligne de passage de la vie à la mort : traverser clandestinement au risque de se faire interpeller, ne plus évoluer dans son univers naturel au risque de ne pouvoir continuer à vivre ou continuer sa floraison mais mourir à terme. C’est précisément le sort des agaves, ces grandes plantes matières premières de la téquila qui ne fleurissent qu’une seule fois dans leur vie, laquelle floraison engendre leur mort. Pour stopper ce processus, le seul moyen est de couper la fleur, interrompant la reproduction mais permettant le maintien en vie pour quelques décennies supplémentaires. Adrien Missika s’y emploie donc dans Saving An Agave, vidéo où il taille la grande fleur d’agave à la machette, preuve que l’interaction homme/nature n’est pas toujours négative.

François Bousquet
le 04/06/2014

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