Michael Begg | Human Greed

Dirt on Earth : A Pocket of Resistance

(Omnempathy / Import)

 date de sortie

00/06/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Human Greed / Omnempathy

 liens

Human Greed
Omnempathy

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Human Greed est un duo formé par Michael Begg et Deryk Thomas. C’est sous cette formule que Fortress Longing (chroniqué sur ces pages) avait été composé, avec l’aide de quelques collaborations, parmi lesquelles se trouvait Julia Kent. Cette fois le dossier de presse ne comporte pas plus d’infos que le digipack qui abrite le CD si ce n’est ces quelques mots qui annoncent la couleur : "No Words, No guests. A sullen drone, a silence : Resistance."

Ce nouvel album n’est pas tout à fait le produit du duo. En effet Deryk Thomas n’intervient que sur un seul morceau, le très habité Kitchen Tools, hanté de chœurs à la fois aériens, sombres et mystérieux, laissant Michael Begg seul aux manettes pour ce qui s’apparente fort à un album solo. L’album n’en reste pas moins extrêmement homogène puisque l’on navigue pendant plus d’une heure dans une ambient qui oscille entre drones sombres et résonances métalliques.
Un album homogène sur le fond, mais dont la forme peut surprendre puisque le disque s’ouvre sur un titre qui frôle les 4mn, puis on s’enfonce petit à petit dans des méandres sonores jusqu’à un Scenes From The Carefree Life qui dépasse les 20mn !

L’album s’ouvre en douceur avec quelques notes éparses, un peu perdues, légèrement mélancoliques et bientôt perturbées par ce qui fait penser au frétillement métallique de cymbales. Il y a d’abord quelque chose d’irréel, de distant dans la musique de Michael Begg, mais celle-ci prend vite de l’épaisseur et affirme sa présence au fil des morceaux et notamment avec l’arrivée de drones inquiétants sur A Child Is A Cup. Le résultat est particulièrement réussi ici et sur Invocation Of The Scottish Winter, alors que les oscillations graves et métalliques esquissent quelques mélodies qui tourne autour de nous, aidées en cela par un jeu de variations, de montées en puissance régulières.
Mais petit à petit la tonalité se fait aussi plus sombre, plus grave, sonorités et bribes mélodies se font désenchantées et un semblant de quiétude se voit perturbé par des crissements électroniques ou des cris de corbeaux (Pomegranate’s Endurance Medal). Et puis finalement, sur une pièce de 20mn l’anglais semble avoir peur de lasser l’auditeur et il tente différentes choses : une cassure ambient entre deux drones puissant, une improvisation de percussions métalliques, quelques notes de cordes frappées, bref des expériences qui provoquent chez nous l’effet contraire : on s’extrait régulièrement de la musique, on est distrait par ces digressions alors que l’on aimerait se perdre plus encore dans les circonvolutions dérangées de la musique de Michael Begg.

Fabrice ALLARD
le 01/06/2014

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