Philippe Petit

Fire-Walking to Wonderland

(Aagoo / Import)

 date de sortie

26/06/2012

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Musique Concrète

 appréciation

 tags

Aagoo / Expérimental / Musique Concrète / Philippe Petit

 liens

Philippe Petit
Aagoo

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On vous parlait l’an dernier de Oneiric Rings On Grey Velvet, le premier volet d’une trilogie composée par Philippe Petit et intitulée Extraordinary Tales of a Lemon Girl. Une première partie très cinématographique dont l’ambiance nous rappelait l’univers de Tim Burton. Nous allons le voir, ce deuxième volet nous surprend par son style, très différent.

Sur la forme, on retrouve dans ce deuxième volet l’approche mise en place sur Oneiric Rings On Grey Velvet en combinant des petits morceaux de 3 à 5 minutes et des développements plus conséquents autour du quart d’heure. Mais quelle que soit la durée, le style musical reste le même et vu le choix opéré ici, la durée importe finalement assez peu.
Le disque s’ouvre sur un très long premier mouvement dans lequel le Français aligne coups métalliques, frétillements de ferraille, bruitages électroniques vintages, souffles et sonorités ambient, déchirures et froissements, improvisation de percussions sur des cordes métalliques ou encore une mélodie de piano. Le tout s’enchaîne à une vitesse impressionnante, on passe du coq à l’âne dans une sorte de grand maelström kaléidoscopique qui nous fait penser à une fuite en avant, comme si cette "Lemon Girl" cherchait à échapper à des monstres qui n’ont d’ailleurs pas forcément l’air très méchants.

On est donc bien loin de l’esprit "musique de film" du premier volet et Philippe Petit flirte ici avec les musiques acousmatiques, intégrant de nombreuses cassures, dessinant des mélodies abstraites, voire alignant des sons plutôt que de composer des mélodies, improvisant aussi très régulièrement, notamment aux platines à la fin de Mvt. 3. Les pièces les plus courtes sont généralement concentrées sur un son, un instrument, bien souvent des cordes métalliques frappées, probablement manipulées puisque le son est souvent déformé et grésillant.
L’autre gros morceau est le Mvt. 4 qui s’étend sur près de 17mn dans un style similaire au premier mouvement mais que l’on trouvera dans un premier temps un peu plus doux, quelques nappes et souffles créant un doux tapis sonore qui sert de liant aux multiples sonorités concrètes, pourtant très arides, quasi industrielles. La régularité de certains éléments comme des cloches ou une petite mélodie mécanique sont autant d’autres éléments qui permettent de capter l’attention de l’auditeur quand l’abstraction risque de prendre le dessus. Enfin, l’apparition de quelques voix tirées d’ondes radios est l’occasion de renouer un peu avec l’approche cinématographique du premier volet.

Un disque étonnant, que l’on serait tenté de conseiller à un autre public que la première partie de cette trilogie.

Fabrice ALLARD
le 03/06/2014

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