Festival Villette Sonique 2014 : Slowdive / Loop / Oiseaux-Tempête

 date du concert

07/06/2014

 salle

Grande Halle de la Villette,
Paris

 tags

Frédéric D. Oberland / Grande Halle de la Villette / Oiseaux-Tempête / Robert Hampson / Simon Scott / Slowdive

 liens

Robert Hampson
Grande Halle de la Villette
Frédéric D. Oberland
Simon Scott
Oiseaux-Tempête

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Année après année, c’est surtout la programmation du Village Label du festival Villette Sonique que l’on guette, jetant un œil rapide néanmoins sur celle du Parc de la Villette et, plus distrait, sur celle en intérieur. Histoire de nous faire mentir, la neuvième édition du rendez-vous de fin mai-début juin programmait un plateau assez improbable dans la Grande Halle, avec le retour de Slowdive et Loop, soit deux groupes de la fin des années 1980-début des années 1990 qu’on ne pensait jamais, surtout pour le premier d’entre eux, avoir le loisir de voir sur scène.

Avant d’assister à cette soirée, on reprit les bonnes habitudes avec un arrêt à la Folie N6 pour assister à l’un des concerts du Village Label, espace toujours aussi sympathique, bon enfant et à l’organisation un rien moins carrée que le versant officiel du Festival. C’est donc avec une demi-heure de retard qu’Oiseaux-Tempête prit place, dans leur formation traditionnelle pour un concert débutant par deux premiers titres très post-rock avec de véritables mélodies de guitare, la batterie entraînante de Ben McConnell et la basse bien présente de Stéphane Pigneul. Opérant par la suite un léger repositionnement, le trio enchaîna avec un morceau dans lequel Frédéric D. Oberland s’empara d’un saxophone pour en extraire des sons à la fois très « free » et pas si éloignés de ceux tirés de sa six-cordes ; dans le même temps, le bassiste opta pour une approche quasi-doom pour une rencontre intéressante quant aux perspectives d’évolution du groupe. Revenant enfin à leur configuration initiale, les trois musiciens terminèrent une prestation de trente minutes, s’apparentant davantage à un showcase, par un titre dans lequel Oberland usa, avec un peu de complaisance, d’un grand nombre d’effets provenant de ses différentes pédales.

Un pique-nique dans l’herbe nous fit opportunément rater la prestation d’Hookworms, annoncé comme « une version shoegaze de Lynyrd Skynyrd », description qui, corroborée par l’écoute de quelques dizaines de secondes, avait suffi à nous dissuader. Il fallut donc attendre 21h30 pour qu’on se postât dans la Grande Halle de la Villette, pour assister à l’un des concerts donnés par Loop depuis la reformation du groupe l’an passé. Délaissant ses travaux électroniques pour lesquels on le suit régulièrement, Robert Hampson retrouva ses parements de chanteur et guitariste de ce groupe noisy-rock, parcourus de quelques accents psyché. Tandis que Neil MacKay, à la basse, passa l’intégralité du concert (ou presque) dos au public, collé à son ampli afin d’en tirer un effet feedback, Hampson exhortait le public, tous les deux titres, à danser, comme déçu de ne pas avoir suffisamment de répondant en la matière. Au reste, on pouvait également faire un reproche voisin au quatuor, tant transpirait l’impression que les Anglais n’avaient pas grand-chose à faire de leur prestation du soir, à la limite du cacheton, alignant les morceaux comme des perles et quittant prestement la scène une fois leur set achevé.

L’annonce, il y a quelques mois, d’une reformation de Slowdive avait enchanté la sphère indie-rock, tout en soulignant que cet événement se situait dans la lignée de tant d’autres retours de groupes de ces années qu’un brin de scepticisme pouvait l’accompagner. Pour autant, fort de la tendresse éprouvée à l’égard des compositions des Britanniques, comme des parcours intéressants menés, depuis 1995, par Neil Hasltead (Mojave 3 ou en solo) et surtout Simon Scott (habitué de ces pages sous son nom propre ou celui de Televise), on n’hésita guère avant de se rendre à ce concert. Si doute il pouvait y avoir, il fut de toute façon levé dès les premières minutes : s’évertuant à livrer leurs morceaux-phares, les cinq musiciens nous enchantèrent par leur capacité à conjuguer science mélodique et érection de murs de guitares serties de réverbération. Servi par un mix impeccable, nous permettant de nous dispenser de bouchons d’oreille (nous étions toutefois placés plutôt dans le fond de la Grande Halle), Slowdive bénéficia également de jeux de lumière particulièrement idoines, tel ce stroboscope déployé sur Crazy For You.

Passés quelques difficultés sur Slowdive, morceau d’ouverture, Rachel Goswell, en robe blanche et cache-cœur en sequins dorés, retrouva un micro mieux réglé et put alors opérer au chant principal sur Machine Gun ou Souvlaki Space Station. Précisément, ce titre-ci nous permit de constater que le groupe, loin de se cantonner au shoegaze dont il fut le héraut, se fit davantage space-pop, capable ainsi de mettre en place une forme de tempo syncopé, par l’entremise d’accords de guitare assortis de delay, voire de livrer des quasi-ballades avec Alison ou une reprise du Golden Hair de Syd Barrett pour terminer leur set principal. Revenus pour offrir, en rappel, l’attendu 40 Days, les Anglais nous enchantèrent véritablement, sensation qui dura même encore un peu puisque An Ending (Ascent), sublime titre de Brian Eno, fut diffusé par la sono tandis que le (nombreux) public quittait les lieux.

François Bousquet
le 09/06/2014

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