Humanist S.K Festival : Hakobune / Saåad

 date du concert

14/06/2014

 salle

Studios Campus,
Paris

 tags

Hakobune / Saåad / Studios Campus

 liens

Saåad
Hakobune

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Après une interruption l’an passé, le festival organisé par Humanist Records s’est associé au label S.K Records pour son édition 2014. Partagée entre Paris et Lyon, la manifestation proposait une douzaine d’événements dans des lieux divers (y compris le toit-terrasse du cinéma Le Louxor) et parcourant un large spectre musical. Pour notre part, c’est afin de découvrir à la fois Saåad (dont deux des rédacteurs de ces pages avaient déjà écrit le plus grand bien) et Hakobune (dont le nom revient souvent sur des labels appréciés) que nous fîmes le déplacement aux Studios Campus, studio de répétition situé dans le quartier de Bastille et transformé pour l’occasion en salle de concert.

Pour ouvrir la soirée, les deux labels avaient convié Beachers, projet de l’Anglais Daryl Worthington qui nous livra une demi-heure débutant et se terminant avec des basses métronomiques bien présentes. Se voyant par la suite adjoindre des nappes plus colorées ou des percussions grésillantes, ces pulsations emplirent aisément l’espace pour former un ensemble relativement convaincant. Plus tard, des samples d’un groupe (a priori asiatique) chantant un refrain furent mis en boucle et utilisés comme composants de cette ambient mais, à l’image de plusieurs éléments du Britannique, se trouvèrent arrêtés dans leur élan de manière un peu trop abrupte pour pleinement emporter l’adhésion.

Passées quelques minutes de battement, les Toulousains de Saåad s’installèrent dans la configuration décrite lors de la recension de leur concert d’avril dernier : Romain Barbot au laptop et Greg Buffier à la guitare et aux machines. Tous les appareils et instruments du duo étaient traités et filtrés, de telle sorte que la densité, comme le caractère assez sombre et lourd des nappes, s’en trouvaient renforcés. Tandis que Buffier n’hésitait pas à singer les postures rock (T-Shirt noir, jambes arquées, tranche du médiator parcourant les cordes de sa guitare pour créer un glissando), les vocalises de Barbot, réalisées en direct, passaient aussi par le tamis du traitement et se voyaient alors incorporées à un drone qui, nonobstant les caractéristiques décrites, se distinguait par une forme de légèreté.

Muni lui aussi d’une guitare électrique, Takahiro Yorifuji se tenait également debout derrière ses machines et offrit, comme les Français, une plage unique de quarante-cinq minutes environ. Mais plutôt qu’un drone épais, c’est une ambient soyeuse qu’il délivra, à base de nappes oscillantes et de quelques notes éparses provenant de son instrument doté de réverbération. Avec ce matériau extrêmement connu, notamment chez les Japonais (on ne fut guère étonné de voir, sur le stand, un disque commun entre Habokune et Chihei Hatakeyama), il fut difficile de prendre par surprise l’auditeur. Sous ce jour, l’aspect languissant, voire assoupissant de la proposition, conduisit une partie du public à quitter le lieu alors qu’on pouvait tout de même rester captivé par ce travail riche et composite (apports divers, y compris de cassettes audio, travail sur les fréquences à la limite du larsen, dimension veloutée des partitions de la guitare), bien qu’effectivement un peu trop homogène sur la longueur du set.

François Bousquet
le 16/06/2014

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