David Lamelas : On The Moon

 date

du 11/06/2014 au 21/09/2014

 salle

FRAC Lorraine,
Metz

 appréciation
 tags

David Lamelas / FRAC Lorraine

 liens

FRAC Lorraine

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Si les créations de David Lamelas n’avaient jamais encore été évoquées sur ces pages, certains visuels de l’artiste argentin font partie de notre environnement, ayant notamment servi pour des couvertures de livres. À la suite d’autres institutions européennes, le FRAC Lorraine consacre son été à ce plasticien avec une monographie courant sur l’ensemble des espaces du bâtiment, et irriguant même la cour centrale, agrémentée d’une installation en miroir de celle présente dans la grande salle du rez-de-chaussée.

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Señalamiento De Tres Objetos
(courtesy Galerie Sprüth Magers)

Présenté comme l’un des pionniers de l’art expérimental, Lamelas opère effectivement via différents mediums, et notamment par installations mettant en place des plaques rectangulaires de métal blanc disposées en cercle autour d’un objet symbolique (arbre, chaise longue, lampadaire) (Señalamiento De Tres Objetos). Aisément transposables dans divers contextes, principalement citadins, ces conceptions viennent circonscrire un espace un peu à l’écart du tumulte de la cité, comme protégé et sanctuarisé, autorisant le spectateur à y pénétrer pour devenir lui-même acteur de la proposition, mais aussi objet du regard des autres. Schéma assez voisin avec Projection, dispositif de deux projecteurs 16mm se déclenchant au passage du visiteur, ébloui alors par le faisceau lumineux, entre plongée dans l’œuvre de l’artiste et prise par surprise façon insecte capturé par la lumière. D’autres jeux de lumière sont également présentés dans la salle au deuxième étage de la tour du bâtiment, mais l’éclairage par spots, sans autre forme d’artifice, a tellement été développé par d’autres qu’ils paraissent assez quelconques ici.

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Connexion d’un demi-cercle à un point
(courtesy FRAC Lorraine)

Au-delà de ces mises en situation conceptuelles, David Lamelas sait se faire plus décalé, voire ironique, quand il réalise Lettre à Marcel Duchamp, réponse, à cent ans d’intervalle, au Français qui, témoignant de la faiblesse de la culture argentine face à la culture européenne, écrivit à son frère « Buenos Aires n’existe pas » ; en « retour », Lamelas est tout aussi lapidaire : « Mon Cher Marcel Duchamp. Buenos Aires existe ». De même, les deux horloges désynchronisées, témoignages d’un rendez-vous raté, s’intitulent Ici, dans cette pièce, deux personnes ne se rencontreront jamais. Même dans ses travaux plus minimalistes, cette dimension reste prégnante : la Corner Piece est une sorte d’angle de mur inversé tandis que la Connexion d’un demi-cercle à un point joue sur la perception par le spectateur, telle une illusion d’optique, de la 2D et de la 3D : est-ce un trait au mur, est-ce un fil tendu ?

François Bousquet
le 04/07/2014

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