Waywards Of Seeing

 date

du 12/06/2014 au 27/07/2014

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
 tags

Francis Baudevin / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Martin Rev / Morgan Fisher / Steven Parrino

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France
Martin Rev

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Comme de nombreuses expositions, Waywards Of Seeing, projet commun de Philippe Decrauzat et Mathieu Copeland, souhaite s’attacher à la relation entre œuvre et spectateur, lieu commun rebattu, notamment depuis les années 1990 et le courant de l’esthétique relationnelle. Afin de s’extirper de tout ce surplomb historique, ils sont partis de créations de Dan Walsh pour envisager cette question au sens très littéral, par le biais de la vision, du regard du visiteur. Ainsi, il s’agit de très exactement altérer la perception des œuvres en mettant, par exemple, en place des « dispositifs de vision » (jumelles, œilletons dans un panneau de bois, masque de déguisement percé aux yeux, grille, télescope, lentilles colorées, filtres de gélatine posés sur une baie vitrée) parcourant l’exposition.

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Vue de l’exposition

Avec ce type de mécanisme, le regard est donc altéré, brouillé, comme le sont les téléviseurs emplis de neige qu’on retrouve à deux endroits ici : basiquement mis en place par Stephen Partridge et recouvert d’un rectangle de peinture noire disposée au spray chez Steven Parrino. Cette forme de sacralisation de l’accidentel (la neige n’est pas le programme destiné à être normalement diffusé à la télévision) trouve un écho chez Morgan Fisher qui a repris les dimensions exactes d’une des salles du Plateau pour en reconstituer les cloisons et baies vitrées, avant de les briser et d’en présenter les résidus (Plaster Glass Glass Plaster).

C’est également une forme d’accident que documentent Martin Rev, Marcia Hafif et Francis Baudevin en accrochant respectivement au mur des partitions tentant de retranscrire des séquences de musique automatique, des croquis-souvenirs de ses propres tableaux disparus et des bandes adhésives verticales qui laissent néanmoins de la place pour l’accrochage de tableaux-fantômes. L’accroc est enfin au cœur du dispositif sonore de David Cunningham qui fait jouer deux disques vinyles simultanément mais en empêchant la suspension des bras des platines d’agir, de telle sorte qu’en fonction des à-coups, les diamants touchent ou ne touchent pas la surface des disques et la musique est jouée ou non.

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Boyle Family - Study from the New Town Series with Concrete Gutter and Embedded Stones
(courtesy des artistes)

Cette réflexion sur les conditions de production et de réalisation d’une œuvre trouve un prolongement dans la proposition de la Boyle Family, collectif anglais qui avait demandé au public de lancer des fléchettes sur un grand planisphère avant d’aller chercher des matériaux dans les lieux ainsi désignés et de tenter d’en reconstituer, façon métonymie, une parcelle. Pour Barcelone, ce sont ainsi du sable et de la poussière qui constituent un carré accroché au mur tandis que, pour Camber Sands, on se trouve face à une réplique d’un bord de trottoir, avec caniveau et fil d’eau adjacents. Enfin, les tableaux d’Amikam Toren ont, eux aussi, été conçus suivant un procédé complexe (découpe de toile, réduction en pulpe du tableau, collage, superposition) destiné à produire autre chose et à perturber, là encore, le regard.

François Bousquet
le 08/07/2014

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