Smells Like Teen Spirit

 date

du 20/06/2014 au 21/09/2014

 salle

Faux Mouvement,
Metz

 appréciation
 tags

Christian Marclay / Fabrice Gygi / Faux Mouvement / Philippe Parreno / Rirkrit Tiravanija / Steven Parrino

 liens

Christian Marclay
Faux Mouvement

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En résonance de l’exposition 1984-1999. La Décennie, présentée au Centre Pompidou-Metz et sur laquelle nous reviendrons prochainement, Faux Mouvement a voulu procéder, lui aussi, à une présentation d’œuvres et d’artistes des années 1990 (présentation dont l’intitulé se veut, à cet égard, assez transparent). À la différence de la vision énoncée dans l’institution, très subjective avec toutes les conséquences, positives comme négatives, que cela peut engendrer, le petit centre d’art a opté pour une exposition plus traditionnelle, offrant au visiteur une douzaine d’œuvres, façon mini-panorama de ces années-là, entre démocratisation de la vidéo et rapport renouvelé au spectateur.

La multiplication des propositions filmées permet ainsi de témoigner d’une performance réalisée par Steven Parrino (cinquante minutes de sons déstructurés surgissant de sa guitare électrique), de réaliser des performances décalées pour Harry Sachs et Franz Höfner (plonger leur voiture dans la lagune à Venise pendant la Biennale), de superposer les formats chez Wendelien van Oldenborgh (film super 8 transféré sur VHS) ou de filmer l’imitateur Yves Lecoq, qui reprenait les plus célèbres voix des Guignols de l’Info dans une parodie de discours tournée par Philippe Parreno (malheureusement quasi-inaudible car « parasitée » par la vidéo voisine de Parrino).

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Vue de l’exposition

Figure centrale des années 1990, l’émission de télévision d’imitation politique se voit ainsi élevée au rang artistique, symbole de l’effacement des frontières entre réel et falsification, comme a également été atténuée la distance entre création artistique et spectateur. Dans cette optique, Fabrice Gygi met en place une tribune (deux bancs de bois, une structure en acier et un auvent) où chacun peut s’asseoir et regarder à son tour les autres visiteurs. Même mécanique chez Rirkrit Tiravanija avec son Rehearsal Studio dans lequel des guitares électriques attendent que le public vienne s’en saisir et intègre alors l’œuvre.

Ce même studio se trouve éclairé et ventilé par l’installation de Matthew McCaslin, combinaison d’horloges, ampoules et ventilateurs, qui occupe l’espace sans qu’on s’en rende tellement compte, un peu comme les Speech Bubbles de Parreno qui parcourent le plafond et qu’on ne perçoit que si on fait l’effort de lever la tête. Plus intrusif, Christian Marclay fait serpenter son Extended Phone dans une bonne partie de la pièce principale du centre d’art, manière allégorique de relier les différentes œuvres les unes aux autres et de souligner les échanges qui ont pu intervenir entre ces différents plasticiens.

François Bousquet
le 11/07/2014

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