Alessandro Bosetti

Der Italienische Manierismus

(CONV / Metamkine)

 date de sortie

14/09/2012

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Spoken Word

 appréciation

 tags

Alessandro Bosetti / CONV / Expérimental / Spoken Word

 liens

Alessandro Bosetti
CONV

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Etant donné que l’on a deux ans de retard sur une partie de ces chroniques de disques, on vous parlait il y a quelques jours d’un album de Kristoff K. Roll qui faisait écho à la performance du duo quelques mois avant la sortie du disque lors du festival Présences Électronique. On remet ça avec cet album d’Alessandro Bosetti que l’on découvrait également en 2012 dans la salle 400 du 104.

Le travail de l’Italien n’a pas forcément notre préférence, l’utilisation de la voix étant prépondérante au sein de son œuvre. Sa performance live nous avait toutefois surpris et Der Italienische Manierismus est l’occasion d’apprécier la façon dont sa musique se décline sur disque.
On n’est donc pas trop surpris alors que les premières sonorités de Rosso se font entendre, prenant la forme de textures denses, organiques et granulaires tandis qu’une sorte de contrebasse donne le rythme. Les voix apparaissent un peu plus tard, mais sous forme de vocalises, répétant des onomatopées en boucle, croisant plus tard chœur et solo sur une mélodie de cordes pincées. Alors que le calme a repris le dessus, l’ensemble se voit brusquement recouvert par le bruit du passage d’une Formule 1 et autres textures qui permettent de conclure cette pièce comme elle avait démarré.

Le travail sur la voix reste très expérimental et pourra facilement décontenancer. Il s’agit principalement de spoken word au ton tantôt classique, faisant penser à une simple lecture, tantôt théâtral, semblant être déclamé sur scène (Dolce Stilnox), pouvant aller jusqu’à des cris exubérants sur Fantozzi vs. Dalla, en référence au chanteur populaire italien Lucio Dalla, décédé quelques mois seulement avant la sortie de ce disque.
Mais notre préférence se portera sur deux pièces mettant véritablement en scène la voix de l’italien. Our positions dans un premier temps se fait remarquer par sa douceur et sa poésie. La voix de l’artiste est accompagnée de nappes de clarinette et chœurs alors qu’il récite un texte étonnant, qui boucle sur lui-même. L’album se conclut sur It is an Island dont le procédé nous rappelle énormément le concert que l’Italien donnait à Présences Électronique. Il lit un texte et des samples de bruitages se déclenchent en se calant strictement sur le tempo de son phrasé. Bruitages généralement aquatiques qui s’élèvent progressivement et finissent par prendre le dessus. Alessandro Bosetti se retrouve immergé et les vagues de samples finissent par imiter le bruit de la mer, agitée.

Un disque et une musique pas comme les autres, expérimentale mais pourvue aussi d’une certaine poésie.

Fabrice ALLARD
le 27/07/2014

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