All That Falls

 date

du 06/06/2014 au 07/09/2014

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Henrot / Delphine Reist / Jimmy Robert / Julien Bismuth / Lola Gonzàlez / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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Au sein d’une programmation (le troisième volet de L’État du Ciel) dans laquelle Hiroshi Sugimoto s’intéresse à la fin du monde, on ne sera pas surpris de trouver une exposition collective consacrée à la chute. Autour d’un thème qui nous semble, de prime abord, assez récurrent dans la pratique contemporaine (comme celui des ruines et autres symboles de la disparition ou de l’écroulement de quelque chose), Marie de Brugerolle et Gérard Wajcman ont réuni une vingtaine d’artistes et les ont intelligemment disposés au niveau le plus bas du Palais de Tokyo, comme si les œuvres avaient précisément chuté tout en bas du bâtiment, échouées entre les fondations et les espaces bruts de l’édifice.

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Philip Metz - Shovel Shower
(courtesy Palais de Tokyo)

Universelle, la chute frappe les objets comme les humains : pluie de pelles à neige chez Philip Metz, danseuse en plein cours saisie par l’objectif de Julien Bismuth, groupe d’Africains se livrant à un rituel consistant à sauter du haut d’une construction en bois (vidéo Coupé/Décalé de Camille Henrot), femme qui tombe sur le côté alors qu’elle se trouve en face de la mer sur une plage (Lola Gonzàlez), crash d’avion retracé métonymiquement par Pablo Vargas Lugo, tubes de néons se détachant progressivement du plafond dans la vidéo Averse de Delphine Reist, homme sautant d’une statue chez Jimmy Robert.

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Agnieszka Kurant - Endless Second (détail)
(courtesy Palais de Tokyo)

Aléatoire et inexorable, la chute peut également suivre une trajectoire pré-étudiée, comme lorsque Steve McQueen fait tomber une façade de maison sur un homme en s’assurant que celui-ci se tienne pile à l’endroit de l’ouverture de la fenêtre (Deadpan). Le caractère dangereux de la chute se trouve aussi souligné par Daniel Pommereulle puisque son Toboggan est assorti d’une pièce de métal triangulaire et incisive qui vient perturber la réception de l’éventuel utilisateur. Cependant, avantage de la transcription plastique, la chute peut aussi être interrompue dans sa descente, les artistes étant à même de saisir la course avant son point d’arrivée : les petites formes de plomb sur socle fin de Benoit Pype et surtout les météorites d’Agnieszka Kurant, comme en lévitation grâce à un procédé électro-magnétique.

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Julie Legrand - Qu’on leur coupe la tête
(courtesy Palais de Tokyo)

Au-delà de ces réalisations assez littérales, la chute peut aussi s’analyser comme le dernier déplacement d’un mouvement en train de s’éteindre et prendre alors un atour plus métaphorique. Convoquant cette double lecture, Deimantas Narkevicius filme le déboulonnage de la statue de Lénine au centre de Vilnius tandis que, plus ironique et décalé, Julie Legrand inverse un lustre XVIIIe siècle et le fait comme pendre du sol (Qu’on leur coupe la tête). Quoiqu’il en soit, le monde d’après la chute ne sera plus jamais le même, principe que nous rappelle Dominique Ghesquière en parant le sol de morceaux de terre cuite fracturés.

François Bousquet
le 20/08/2014

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