Jason Van Gulick

Entelechy

(Idiosyncratics / Import)

 date de sortie

18/10/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Improvisation / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Ambient / Electroacoustique / Expérimental / Idiosyncratics / Improvisation / Jason Van Gulick

 liens

Idiosyncratics
Jason Van Gulick

 autres disques récents
Gratuit

(Ego Twister)
Resina
s/t
(130701)
Altars Altars
Small Hours
(Home Normal)
Monty Adkins
Unfurling Streams
(Crónica Electronica)

Jason Van Gulick est un batteur d’origine française qui vit à Bruxelles. Lorsqu’il nous sollicite début 2013, c’est pour nous présenter son premier album qu’il vient alors de sortir en autoproduction via Bandcamp et une soixantaine d’exemplaires faits main. Il n’a visiblement pas eu besoin de nous pour se faire remarquer puisque c’est en mai de cet année qu’Entelechy se voyait édité par le label belge Idiosyncratics, une petite structure dont nous avons déjà parlé sur ces pages.

A priori, un album entièrement composé sur une batterie n’est pas vraiment le cœur des musiques dont nous parlons. S’il a retenu notre attention c’est que l’artiste va bien plus loin que de "simplement" jouer de la batterie. Son répertoire sonore est étonnamment large grâce à une multitude de cymbales, timbales, balais, archet et mailloches, sans parler d’effets électroniques qui viennent l’aider à moduler et répartir le son de ses instruments dans l’espace.
Ainsi dès le premier titre nous avons bel et bien l’impression qu’il y a autre chose qu’une simple batterie. On démarre par quelques tintements, lents et clairs, puis d’étranges bruitages orageux viennent ternir le tableau. Jason Van Gulick travaille ses ambiances, crée un univers avant de se lancer dans une apparente improvisation sur une grande variété de percussions. On entend clairement les balais frotter les peaux tandis que de grands coups assomment les tambours et qu’une résonance métallique se fait entendre au loin.

L’album est court (6 titres pour une petite demi-heure), mais la musique du Français est particulièrement ample et profonde. Elle est riche d’un point de vue sonore mais également au niveau des styles puisque l’on navigue bien souvent entre une ambient acoustique, sombre et inquiétante, et des instants de fureur lorsque les percussions se déchainent en une battucada post-industrielle. Entelechy 3 en est le parfait exemple, débutant par des résonances feutrées et menaçantes avant d’exploser dans un fracas de tambours et cymbales.
Un autre procédé qui vient à plusieurs reprises, consiste en un jeu extrêmement rapide que l’on qualifierait de frétillements, mais qui sur la longueur s’avère être très mécanique. On pense à une machine infernale, une machine à laver en mode essorage, magnifiquement mise en musique par le glissement d’un archet sur des cymbales, conférant à Entelechy 2 une petite ambiance de western. On retrouvera ce jeu rapide et quasi mécanique sur Entelechy 5, mais on regrettera ici son application un peu trop systématique avec la moitié du morceau sur des cymbales et autres objets métalliques, puis la seconde moitié sur des toms et tambours de toute sorte, mettant un peu ici au second plan la singularité qui nous plaisait jusque là dans ce projet.

L’album se termine en beauté avec Entelechy 6, dominé par des résonances et grincements sombres, sortes de barrissement moelleux. Une production originale, étonnante, qui devrait rassembler à la fois les amateurs de musiques improvisées d’ambient, ou plus globalement de musiques expérimentales.

Fabrice ALLARD
le 01/09/2014

À lire également

Phil Maggi
Blue Fields in Paramount
(Idiosyncratics)
Phil Maggi
Ghost Love
(Idiosyncratics)