Satanic Abandoned Rock & Roll Society

Bloody Imagination

(Mikroton Recordings / Metamkine)

 date de sortie

00/11/2012

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Noise

 appréciation

 tags

Atsuhiro Ito / Expérimental / Mikroton Recordings / Noise / Tetuzi Akiyama

 liens

Tetuzi Akiyama
Mikroton Recordings

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C’est en juillet dernier que l’on parlait pour la première fois du label russe Mikroton Recordings, avec la sortie de l’énorme compilation Echtzeitmusik Berlin consacrée à la scène improvisée au sens large, allant du free jazz à l’électronique. Comme EtherREAL est avant tout porté sur l’électronique, nous avons retenu l’album qui répondait le plus à ce critère parmi trois disques sortis par Mikroton fin 2012, à savoir ce Bloody Imagination venu du pays du soleil levant.

Si le nom de Satanic Abandoned Rock & Roll Society ne vous dit rien, c’est à peu près normal. Il s’agit à l’origine d’un projet éphémère créé à l’occasion d’un festival qui se déroulait dans une petite salle de concert de Tokyo. En 2002 l’organisateur du festival invite Tetuzi Akiyama qui, ne voulant pas se produire en solo, invita quelques amis pour une performance un peu particulière. L’idée de cette formation est de diviser l’espace sonore en 4 plages de fréquences et d’attribuer celles-ci à 4 musiciens. Tetuzi Akiyama a donc invité Atsuhiro Ito et son optron (instrument basé sur un tube néon) en charge des basses fréquences, Utah Kawasaki au synthé pour les medium basses, et Naoaki Miyamoto à la guitare électrique pour les fréquences medium hautes tandis qu’il se chargerait des hautes fréquences en mixant guitare à résonateur et épée de samouraï. Tout un programme !
Le quatuor ne s’est retrouvé qu’en 2004 afin d’enregistrer un titre pour la compilation Le Son Sauvage : Tokyo Next Texture (Body Electric Records, 2005) et c’est lors de cette session que le groupe a enregistré le morceau de 52 minutes qui figure sur cet album.

C’est donc 8 ans plus tard que ce long déploiement de bruits et grincements nous parvient, avec la même formation et le même procédé utilisé lors de leur concert. Le quatuor démarre en douceur avec un ronronnement qui se transforme en vibrations de basses évoquant le bruit d’un moteur. Une introduction plutôt calme, une lente évolution qui se prolonge sur 6-7 minutes, jusqu’à l’arrivée des autres sonorités entre larsen timide, grésillements minéraux et chuintements métallisés. Au bout d’une dizaine de minutes toute la palette sonore est en place et... vit sa vie.
Cela fait partie du postulat de départ, chaque musicien improvise dans la limite de sa plage sonore et on a un peu l’impression que chacun joue en huis clos, sans se soucier de ce que produisent ses comparses. Il en résulte une pièce bruitiste mais flottante, sans véritable évolution logique perceptible si ce n’est une introduction de basses et un final de chuintements et sifflements suraigus. Par contre s’il s’agit d’un disque de musique bruitiste, on apprécie ici la clarté du son. De part le principe adopté, pas de gros magma sonore indigeste ici, mais comme 4 partitions réparties sur autant de plages de fréquences sonores. Du coup le son est particulièrement clair et l’écoute se fait ludique, l’oreille basculant d’un instrument à l’autre, retenant à un moment l’aspect mécanique et répétitif d’un grognement de basse pour se focaliser plus tard sur des grincements métalliques.

Bloody Imagination est un disque de musique expérimentale, tendue, aux sonorités parfois agressive, mais qui s’écoute avec plaisir, riche et surprenant de bout en bout.

Fabrice ALLARD
le 07/09/2014

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