This Will Destroy You / Lymbyc Systym

 date du concert

05/09/2014

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Petit Bain / This Will Destroy You

 liens

Petit Bain
This Will Destroy You

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Avec le mois de septembre, on n’échappe pas à la reprise des concerts. C’est dans un Petit Bain plein à craquer que s’est faite la rentrée, pour les lives de This Will Destroy You et de Lymbyc Systym.

Lymbyc Systym se compose des frères Bell, l’un à la batterie, l’autre au clavier, qui ont à leur actif une poignée d’albums sortis chez Mush ou Magic Bullet Records. Le duo américain joue plusieurs morceaux issus de Symbolist, leur dernier album sorti en 2012, conjuguant une batterie explosive et un tissu de mélodies synthétiques, toujours sur le fil, séduisantes mais à la limite du trop sautillant. Downtime distille efficacement ses gimmicks downtempo et plusieurs moments adoptent la trempe plus dense et échauffée des morceaux de Field Studies, leur split avec This Will Destroy You. A mi-chemin entre électronica et post-rock, la musique de Lymbyc Systym parvient à dépasser en live le ton invariablement joyeux – à nos oreilles - qu’elle peut avoir sur disque. La batterie, qui en a dans le ventre, tempère la tendance synth-pop et ancre leurs morceaux dans un esprit plus impétueux, comme un état ambivalent qui vous laisserai moitié furibond, moitié mélancolique et très content à la fois.

This Will Destroy You fait partie de ces groupes de post-rock dont le propos est bâti sur le contraste. Soit les plages coulent de manière ultra-minimaliste et embrassent littéralement l’ambient, soit les murs de son font des mètres d’épaisseurs et coupent le souffle mieux qu’une déferlante. A l’occasion de la sortie de son quatrième album, le superbe Another Language, le groupe texan se livre à une tournée européenne et s’avère, vu l’affluence, très attendu à Paris. Le set s’ouvre sur une rythmique moelleuse et torturée, les quatre texans (deux guitares, basse, clavier et batterie), sont penchés sur leur instrument, les lignes mélodiques se roulent dans leur enveloppe de tristesse caressante. La noirceur est bien là, mais un souffle d’air piquant la transcende. Puis c’est l’avalanche, le raz-de-marée, la muraille de rifs se dresse et se maintient. Les nuques se mettent en branle et les corps se laissent pénétrer bien volontiers par la puissance de l’assaut. Si le groupe qualifie sa musique de doomgaze, on comprend sans mal pourquoi. La lourdeur, l’épaisseur des reverbs, la langueur brumeuse fait de leur rock instrumental une substance extatique, charnelle, qui magnétise et fait goûter à la plénitude. Certains instants comptent bien quelques longueurs - le schéma accalmie/explosion frôlant parfois la redondance - mais devant la qualité de l’ensemble, on s’incline naturellement. La soirée dans son ensemble avait de quoi coller un sacré sourire aux lèvres. Une rentrée savoureuse, en somme.

Manon Torres
le 09/09/2014