S’il y a lieu, je pars avec vous

 date

du 11/09/2014 au 26/10/2014

 salle

Le Bal,
Paris

 appréciation
 tags

Alain Bublex / Antoine d’Agata / Le Bal / Sophie Calle

 liens

Le Bal

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Préoccupation récurrente chez les plasticiens, l’attirance pour le voyage leur permet, en effet, d’explorer aussi bien de vastes territoires, éloignés et exotiques, que des frontières plus intérieures puisque, éternel postulat de cette thématique, le voyage compte presque davantage que la destination finale. Sollicités par Le Bal, cinq photographes ont ainsi été conviés à s’arrêter sur ce sujet, en l’abordant par le biais bien spécifique de l’autoroute dans une exposition collective montée grâce au soutien du groupe Vinci (au reste, on ne peut l’oublier, entre texte de son Directeur général et logo présent sur quelques photographies).

En bonne logique, fort de ce que nous indiquions plus haut, deux d’entre eux font le choix de s’en remettre à une approche intime : ainsi, Julien Magre nous propose des photos de famille dans sa voiture (il nous est précisé qu’il ne voyage qu’avec sa femme et ses filles) dont certaines prennent des atours plus sombres, façon road movie noir, tandis qu’Antoine d’Agata retrace le parcours Paris-Marseille-Nice-frontière italienne, effectué en 36 jours et autant de fragments, censé être une forme de retour aux sources (il est d’origine transalpine). Autocentrés (sans mauvais jeu de mots), ces travaux peinent alors à dépasser le stade du témoignage particulier et s’avèrent par conséquent peu pertinents.

À la lisière de la relation personnelle, prolongeant des démarches précédentes (on se souvient de sa performance au premier étage de la Tour Eiffel), Sophie Calle s’est installé dans une cabine de la barrière de péage de Saint-Arnoult et a fait inscrire, sur les panneaux lumineux surplombant l’autoroute des messages destinés aux automobilistes : « Où pourriez-vous m’emmener ? », « S’il y a lieu, je pars avec vous ». Au lieu de platement les diffuser en vidéo, les réponses et réactions sont retranscrites par écrit, en bandeau déroulant sous une vidéo-surveillance diffusant précisément une image de la cabine 7. Déroutés et/ou séduits, les conducteurs ne s’attendaient certainement pas à faire une telle rencontre, nouvelle preuve qu’un voyage peut toujours s’accompagner d’imprévu.

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Stéphane Couturier - Landscaping - Autoroute 89
(courtesy Galerie Polaris)

Empruntant l’autoroute, un paysage bien spécifique s’offre à notre vue ; les voies à grande vitesse étant souvent percées dans des mini-vallées, une forme de relief se détache de part et d’autre des axes de circulation. Pour rendre compte de cette situation, Stéphane Couturier a pris quelques clichés, qu’il a ensuite découpés dans la longueur et présentés sur de longs et fins panneaux de bois rapprochés, mais en alternant les photographies. Le puzzle ne se faisant pas exactement, on se trouve comme face à ces panoramas qu’on arrive à peine saisir tant la vitesse est telle. Enfin, fidèle à sa volonté de travestir la réalité par petites touches, à la fois utopiques et poétiques, Alain Bublex réalise des grands-formats pris en vue subjective d’une voiture, en conserve le paysage naturel mais redessine en vectoriel tous les ouvrages humains (route, ponts, glissière) pour leur donner un aspect de décor de jeu vidéo. À la frontière du réel et du virtuel, ce procédé vient également interroger sur la part rêvée ou fantasmée de tout voyage.

François Bousquet
le 17/09/2014

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