Old Fashioned Prostitutes / Idiot Savant

 auteur

Richard Foreman

 metteur en scène

Bernard Sobel

 date

du 02/09/2014 au 27/09/2014

 salle

Les Déchargeurs,
Paris

 appréciation
 tags

Les Déchargeurs / Richard Foreman

 liens

Les Déchargeurs

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Pour notre première venue aux Déchargeurs, théâtre à la petite jauge (80 places pour la plus grande des deux salles) et principalement dédié à la création contemporaine, nous fûmes confrontés à deux textes de Richard Foreman que Bernard Sobel monte d’affilée (un entracte d’une quinzaine de minutes permettant juste d’agencer différemment le plateau). Auteur new-yorkais d’un peu moins de soixante-dix ans, Foreman ne cesse d’écrire depuis la fin des années 1960 et Old Fashioned Prostitutes et Idiot Savant sont ses deux dernières livraisons en date.

Située dans un appartement d’aujourd’hui, la première se veut le récit de la dérive de Samuel, étudiant en cinéma à Berkeley qui croise précisément une vieille prostituée. Interpellé par cette créature, mais également par deux autres personnages, le jeune homme divague, répond comme il peut, probablement passablement imbibé (de nombreuses bouteilles jonchent le sol) et complètement perdu. Plutôt hermétique, ce dialogue, sans véritable commencement ni fin, prend une tournure autre si on conjecture qu’il se déroule en réalité dans la tête même de Samuel, forme de voyage intérieur avec trois interlocuteurs imaginaires.

Moins identifiable spatialement et temporellement, Idiot Savant se présente comme un jeu sur le langage, mené par trois personnages (l’Idiot Savant et deux jeunes femmes qui se disputent ses faveurs) qui discourent sans réel but, ici non plus. Agrémenté d’accessoires apportés sur le plateau par un garçon de café, rejoint par un canard géant, le spectacle se pare alors d’atours absurdes et postmodernistes (mise en abyme, prise à parti des comédiens par une voix off qui les interpelle et leur parle de la représentation qu’ils sont en train de donner). L’aspect très daté d’un tel ressort ne favorise pas forcément l’adhésion à ce second texte mais conduit, là encore, à se demander si tout cela est bien réel ou bien s’il ne s’agit pas d’une projection mentale du personnage central.

Interrogation similaire à celle générée par Old Fashioned Prostitutes, donc ; questionnement relayé par la scénographie avec sa cage de scène blanche immaculée et ses panneaux coulissants de cuivre en fond de scène, suggérant qu’il puisse s’agir d’un hôpital psychiatrique dans lequel les deux hommes, héros de chacune des pièces, seraient en réalité enfermés.

François Bousquet
le 23/09/2014

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