Alejandro Franov

Champaqui

(Panai / Import)

 date de sortie

31/12/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Folk / Field Recordings

 appréciation

 tags

Alejandro Franov / Ambient / Drone / Field Recordings / Folk / Panai

 liens

Alejandro Franov
Panai

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Avec ce disque nous allons très certainement entrer dans un cycle de découverte de nouveaux artistes puisque celui-ci est édité par le label japonais Panai, lui même affilié à Nature Bliss. Cette structure regroupe désormais tout une galaxie de labels et sous-labels parmi lesquels on retrouve Spekk et Plop, et on découvre Kaico, Lantern, Mü-Nest et bien d’autres. Nature Bliss revendique logiquement un attachement à la nature et l’environnement dans lequel nous vivons mais cette sensibilité s’exprime tout particulièrement sur le label Panai, plutôt orienté folk/world, même si comme nous allons le voir, Alejandro Franov se détache assez nettement de ces étiquettes.

Alejandro Franov est argentin, auteur d’une dizaine d’albums, mais aussi de musiques de film pour lesquelles il a déjà été primé (Puzzle de Natalia Smirnoff, sorti en France en 2010). Il nous est également présenté comme le musicien argentin le plus connu au Japon, expliquant par là cette signature chez Panai. Multi-instrumentiste, capable de se produire à l’accordéon, à la guitare, aux percussions ou encore au chant, on aura également l’occasion de l’entendre ici à la flûte.
L’album est inspiré de Champaqui, une montagne sacrée dans les sierras de Córdoba où l’artiste à capté une multitude de field recordings de cette nature sauvage. Sa méthode de travail semble varier notablement d’une pièce à l’autre, créant un album particulièrement riche, avec une dominante ambient-drone, parsemée d’enregistrements ambiants et séquences instrumentales.

Alejandro Franov donne quelques coups de gongs pour ouvrir son album avec La Población qui aligne drone synthétique et chants d’oiseaux, flûte alanguie, voix tirées d’une radio et percussions métalliques. On pourrait avoir un peu peur avec les teintes new-age de Colanchanga, mais ce n’est qu’une illusion : l’argentin ne cesse de surprendre avec des cassures et relances au milieu de flûtes aériennes, créant quelque chose d’étrange, à la fois chaotique et mélodique.
Mais Sierra de la Ventana, la pièce centrale, nous ramène vers une ambient drone du plus bel effet, parfaitement maîtrisée. Pendant plus de 16mn des nappes minérales ne cessent d’osciller avant de s’effilocher dans une pluie d’étoiles filantes. De toute beauté.
La suite de l’album est plus complexe et rend l’argentin difficile à catégoriser. Son travail s’apparente ici à une musique concrète, agençant sonorités ambiantes, jeu de flûte et habillage électronique avec il est vrai une teinte ethno-folk plus marquée. Dans le genre, notre préférence se portera sur le très dense Los Terrones, presque étouffant s’il ne s’en échappait pas quelques chants d’oiseaux et mélodies de flûtes.

Finalement il s’agit un peu d’un disque OVNI, différent de ce que l’on peut écouter par ailleurs tout en y intégrant des approches auxquels nous sommes déjà sensibles. C’est certainement ce mélange de surprise et de douceur qui nous a conquis.

En écoute ci-dessous :
- Colanchanga
- Sierra de la Ventana

Fabrice ALLARD
le 14/10/2014