Jeff Koons : A Retrospective

 date

du 27/06/2014 au 19/10/2014

 salle

Whitney Museum,
New-York

 appréciation
 tags

Jeff Koons / Whitney Museum

 liens

Whitney Museum

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En guise de dernière exposition avant d’ouvrir son nouveau bâtiment, situé dans le sud de Manhattan, le Whitney Museum of American Art propose, dans l’édifice réalisé par Marcel Breuer à l’est de Central Park, une monographie consacrée à Jeff Koons. Probablement l’un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus connus du grand public (notamment en France, depuis qu’il a exposé au Château de Versailles), l’Étatsunien ne nous a jamais véritablement enthousiasmé mais une rétrospective constituait assurément un bon moyen de revisiter l’ensemble de son parcours, voire de réévaluer notre jugement. Partant du principe que l’exhaustivité est impossible (surtout face aux grands formats et gros volumes produits par Koons), le Whitney opère une sélection dans chacune des périodes créatrices de l’artiste, dans une présentation chronologique courant sur cinq niveaux du bâtiment.

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One Ball Total Equilibrium Tank (Spalding Dr. J 241 Series)
(courtesy de l’artiste)

Comme on le pressentait, à mesure que l’on monte dans les étages, les œuvres se font de plus en plus gigantesques, le kitsch et le mauvais goût se renforçant de concert. De fait, dans les premières années, les Inflatable Toys (fleurs gonflables, combinaison d’éponges et de miroirs) digressent astucieusement sur leur dimension « pop » et sur leurs atours de ready-made (couleurs acidulées, utilisation d’objets du quotidien, aspect ludique), comme le font aussi les éléments de la série The New ou bien les duos grille-pain et néons, ou aspirateur et néons. De même, les travaux d’Equilibrium, et principalement les ballons de basket-ball flottant dans un mélange aqueux, témoignent d’un double souci de recherche scientifique et d’immédiateté de préhension de l’œuvre.

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Vue de l’exposition

À partir du moment où Jeff Koons commence à s’égarer dans une mise en scène de soi, le propos gagne en mégalomanie, sous des atours d’éternelle dénonciation de la société du spectacle. Présenté, dans la série Made In Heaven en peinture, en fausse photographie, en sculpture sur verre, l’artiste se figure aux côtés de la Cicciolina (son épouse d’alors) dans plusieurs positions très explicites du Kama-Sutra. À ce titre, on relèvera que ces œuvres étaient exposées tout naturellement, dans le même type de salle que le reste de la rétrospective alors qu’on imagine aisément qu’à Paris, eu égard aux récentes manifestations d’humeur des ligues de vertu, elles seront cantonnées dans une pièce à l’écart, avec vigile à l’entrée. Avec les objets argentés (comme le fameux Rabbit), on glisse vers le kitsch, puis l’outrance de la série Banility, ses sculptures en porcelaine et son non moins fameux Michael Jackson and Bubbles.

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Vue de l’exposition

La démesure monte encore d’un cran avec les créations monumentales en miroir (dont l’Hanging Heart, cœur violet pendant du plafond) ou en pâte à modeler (le tas coloré Play-Doh, en fait réalisé en aluminium) tandis que le mauvais goût s’assume complètement dans les assemblages de la série Popeye, tel Elvis qui associe homard gonflable et bimbo aux seins nus et refaits (gonflés ?). Peut-être nos préconçus étaient-ils trop forts mais la visite de cette rétrospective Jeff Koons nous conforte dans ces a priori, nous conduisant même à penser que l’Étatsunien n’est aujourd’hui plus que la caricature de lui-même, produisant (ou faisant produire par toutes ses petites mains) des œuvres qui ne choquent plus grand-monde mais qui alimentent à l’évidence sa cote.

Itinérance de l’exposition :
-  du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015 : Centre Pompidou - Paris
-  du 5 juin au 27 septembre 2015 : Guggenheim - Bilbao

François Bousquet
le 17/10/2014

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