L’époque, les humeurs, les valeurs, l’attention

 date

du 10/09/2014 au 31/10/2014

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Blatrix / Fondation d’entreprise Ricard / Hendrik Hegray / Mélanie Matranga

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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(Fondation d’entreprise Ricard)

Avec l’exposition annuelle pour son Prix, la Fondation d’Entreprise Ricard suscite chaque année un (petit) débat dans la communauté d’amateurs d’art contemporain : présence de Lily Reynaud-Dewar l’an passé (alors qu’elle avait déjà concouru cinq ans auparavant) et sélection très pointue cette année pour une édition pensée par le collectif castillo/corrales (lieu d’exposition de Belleville tenu par plusieurs intervenants). De fait, même pour qui suit régulièrement les productions plasticiennes françaises, les six créateurs choisis n’étaient pas encore identifiés, renforçant ainsi le caractère découvreur d’un Prix dont cela reste assurément l’objectif principal (à la différence du Prix Marcel-Duchamp, à la ligne plus floue).

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Vue de l’exposition

Pour notre part, le nom d’Hendrik Hegray nous était assurément connu, pour l’avoir fréquemment croisé dans des salles de concert, sur scène ou dans le public, lors de plateaux type ceux concoctés par Büro, Shoboshobo ou le Non_Jazz. Ici, une série de photocopies et une vidéo ne permirent pas de saisir véritablement son travail plastique, d’autant plus que, le jour de notre visite, une performance-concert occupait l’intégralité de la seconde salle de la Fondation d’Entreprise, limitant la préhension des œuvres qui s’y trouvent. Même (regrettable) constat pour le travail d’Audrey Cottin (une vidéo diffusée dans cette même salle).

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Vue de l’exposition

Les quatre autres artistes exposaient dans la première salle et purent donc être davantage pris en compte, à commencer par Mélanie Matranga qui irrigue l’ensemble de l’espace d’exposition avec son installation Complexe ou compliqué, combinaison de câbles électriques serpentant sous la moquette et d’un grand abat-jour (façon demi-sphère en papier japonais) donnant à la composition des allures zoomorphiques (les câbles comme des tentacules, la demi-sphère comme une pieuvre). Deux vidéos de Marie Angeletti (travaillant sur la mise en scène de soi), deux petites réalisations de Camille Blatrix (discrètes, ouvragées et suffisamment probantes pour remporter le Prix de la Fondation d’Entreprise) et trois sculptures plus imposantes de Jean-Alain Corre (assez banales dans leur réutilisation d’éléments proches du rebut) complètent L’époque, les humeurs, les valeurs, l’attention (titre détourné d’un passage de Baudelaire), proposition pas forcément emballante dans sa globalité mais qui, une nouvelle fois, remplit parfaitement son rôle fureteur.

François Bousquet
le 28/10/2014

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