Philippe Decrauzat & Alan Licht : Anisotropy

 date du concert

23/10/2014

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 tags

Alan Licht / Centre Culturel Suisse / Philippe Decrauzat

 liens

Alan Licht
Centre Culturel Suisse

 dans la même rubrique
29/11/2016
Moskus
(Maison de Norvège)
07/11/2016
Melmac
(Pop In)

Précautionneuses, les équipes du Centre culturel suisse distribuaient avec insistance des bouchons d’oreille à l’entrée de la salle de spectacle pour ceux qui allaient assister à un ciné-concert mettant aux prises Philippe Decrauzat et Alan Licht. Adepte de l’op’art et de tous travaux visuels sur la cinétique, le premier y diffusait un film tandis que le second opérait sur scène, armé de sa guitare électrique et d’une dizaine de pédales d’effets. Après une introduction dans laquelle seules les images étaient présentes, Licht entra pour délivrer un set très noise, assez caractéristique de ce qu’il peut réaliser d’ordinaire : nappes bruitistes, traits lancinants, accords saturés, larsens réguliers, volume poussé à fond.

Sur l’écran, dans un dégradé de gris, Decrauzat projetait des images d’un zootrope, cet appareil circulaire, perclus de fentes par lesquelles, avec la vitesse, on peut voir l’image s’animer. Ici, il n’était pas forcément question de mettre en œuvre un tel phénomène mais plutôt de se concentrer sur l’objet en tant que tel (que nous avions vu au Plateau il y a trois ans et demi) : combinaison d’un centre lisse et plat façon surface de disque vinyle et de cercles concentriques de petites formes (comme des dominos) placées de telle sorte qu’on les prendrait presque pour des silhouettes assises dans une arène. Tournant de plus en plus vite, le dispositif jouait sur la répétition, la circularité et son caractère magnétisant ; tout comme la musique de Licht en vérité.

Précisément, l’alliance des deux produisit pleinement l’effet escompté : alors que son et image n’étaient pas forcément raccords (plusieurs mouvements dans la prestation de l’Étatsunien mais le passage de l’un à l’autre ne correspondait pas à des transitions dans le film du Suisse) et que, séparés, ils n’auraient pas nécessairement été convaincants, ils se montraient nettement plus pertinents dans leur cohabitation. Au bout d’une demi-heure, retour au calme lorsque Licht posa son instrument et s’assit devant ses pédales, les triturant un peu pour jouer sur la résonance avant d’aller aux côtés de son ampli pour un final en fade out alors qu’imperturbable, la sculpture de Decrauzat continuait de tourner.

François Bousquet
le 25/10/2014

À lire également

01/11/2011
Œuvres Vives #7 : Alan
(Batofar)
31/03/2003
Text of Light : L. (...)
(Centre Pompidou)
12/10/2002
Kevin Drumm - Mats (...)
(Konstmuseum)
11/10/2002
Peter Brotzmann - Ikue
(Konstmuseum)