Tratando de hacer una obra que cambie el mundo (el delirio final de los ultimos romanticos)

 auteur

Marco Layera

 metteur en scène

Marco Layera

 date

07/11/2014 et 08/11/2014

 salle

Théâtre Paul Éluard,
Choisy-le-Roi

 appréciation
 tags

Marco Layera / Théâtre Paul Éluard

 liens

Théâtre Paul Éluard

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Avant La Imaginación Del Futuro, présentée l’été dernier au Festival d’Avignon (et assez fraichement accueilli par la critique, dans l’ensemble), Marco Layera et sa compagnie La Re-Sentida avaient créé Tratando de hacer una obra que cambie el mundo (el delirio final de los ultimos romanticos). Présentée il y a deux saisons au Théâtre de la Ville, cette pièce continue son parcours sur les scènes françaises et permet d’appréhender la manière dont la compagnie chilienne s’attèle à réaliser un théâtre politique.

De fait, comme La Imaginación Del Futuro (qui traite de la figure d’Allende), Tratando… se veut assurément politique, mais dans une démarche moins historique puisqu’on se trouve dans une cave, habitée par cinq comédiens qui y vivent depuis quatre ans en tentant d’écrire une pièce qui fera office de manifeste révolutionnaire. Uniquement reliés au monde par un coffre de vivres qui leur est envoyé par un comparse resté à l’extérieur, ils apprennent, un jour, qu’un nouveau gouvernement a été mis en place, lequel combat la pauvreté et l’injustice sociale. Se développe alors une réflexion un peu cynique sur les utopies et le désir de révolution de la jeunesse car les cinq compères ne se montrent pas aussi réjouis qu’on aurait pu l’imaginer. Peut-être un peu simpliste et, au final, du côté du pouvoir et du conservatisme dans sa moquerie de ce type de mouvement voulant à tout prix rester « contre », le propos général sait aussi se faire suffisamment ironique.

Aidé de quelques références attendues (Brecht, Artaud, Neruda, Camus), le spectacle convoque également, de manière plus surprenante, un passage de Maison de Poupée tandis que, formellement, on peut y voir une sorte de pastiche des gestes provocateurs qu’on rencontre régulièrement sur les plateaux contemporains : profusion d’actions sur scène, nudité, chansons chantées en direct au micro, jet de faux sang, de chaises et de livres, ambiance générale frôlant le Grand-Guignol. Conscient de cette filiation parodique, Marco Layera conduit même l’un de ses comédiens à opposer théâtre politique et dimension artistique, comme si l’auteur voulait anticiper les critiques habituelles faites à ce genre dramaturgique. Ici, pourtant, un véritable fil narratif permet d’échapper au simple empilement de séquences chocs et de tirades rebelles, composant ainsi une pièce à l’évidence plus immédiate.

Autres dates :
-  19 novembre 2014 : Théâtre - Arras
-  25 novembre 2014 : Théâtre Les Treize Arches - Brive
-  28 novembre 2014 : Théâtre La Rampe - Echirolles

François Bousquet
le 19/11/2014