Akousma XI - Festival des musiques numériques immersives

 date du concert

du 05/11/2014 au 08/11/2014

 salle

L’Usine C,
Montréal

 tags

L’Usine C / Myriam Bleau / Robert Normandeau

 liens

L’Usine C
Myriam Bleau

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

C’était cette semaine qu’avait lieu Akousma, le festival de musique immersive montréalais organisé par les Réseaux des Arts Médiatiques. Pour cette 11e édition, nous avons eu droit à une programmation absolument béton, figurant des artistes locaux et des compositeurs internationaux dont la réputation n’est plus à faire dans la plupart des cas. Côté musique acousmatique, clairement privilégiée cette année, des numéros aussi forts que les œuvres de Robert Normandeau, Gilles Gobeil, Adam Basanta, David Berezan et Laurie Radford auront fait forte impression. Les quelques agréments de performance en direct ont été également appréciés, offrant une épisodique dose de fraîcheur. Mentionnons ainsi les œuvres de Myriam Bleau, Jullian Hoff, Sylvain Pohu et Hannah Hartman. En tout, 20 artistes programmés sur 4 soirs. Faut le faire !

Puisque résumer chacun des numéros des artistes serait bien trop long, je vous propose un court palmarès des moments les plus mémorables de mon expérience Akousma.

Objects-Interiors (2013) - James O’Callaghan

Lauréat du concours JTTP 2013, O’Callaghan s’est mérité le privilège d’ouvrir le festival. J’étais un peu frileux dans les premières minutes, hésitant à tremper mon orteil dans ce bain sonore, mais une fois le 1er tiers passé, la pièce était jalonnée de moments acousmatiques tout à fait pianistiques, rappelant même les pièces ornithologiques de Messiaen, le tout mis en évidence par une mise en scène sobre, mais sympathique : un piano droit tout à l’avant de la scène et mis sous les feux des projecteurs. Signe d’un festival qui tend la perche aux nouveaux auditeurs ?

Buoy (2011) et Thumbs (2011) — David Berezan

« Chimiste du son doté de très grandes qualités musicales », pour citer la note de programme, la musique de Berezan était un petit bijou d’orfèvrerie sonore et de fine ciselure. Malgré une certaine fatigue, voilà près de 2 heures que nous écoutions de la musique, je n’en discernais pas moins la poésie et la richesse des univers mélodiques et marins qu’il développait. La musicalité en aurait été même plus flagrante si elle avait été diffusée un bon 6-8 dB moins fort. Ce sera pour une prochaine fois.

Soft Revolvers (2014) – Myriam Bleau

Certainement le clou de la soirée, la performance des toupies de Myriam Bleau était un mélange de disque-jockeying réinventé et de musique concrète du XXIe siècle. Qu’on ne se surprenne pas de la notoriété déjà acquise par cette œuvre. À la fois ludique et prenant, un numéro qui a très bien conclu la soirée, et qu’on a bien hâte de voir magnifié.

JPEG - 48.5 ko
Myriam Bleau : Soft Revolvers

La Part des Anges (2012) – Robert Normandeau

La Part des Anges, Pluie noire, Eden, 3 pièces diffusées sur dôme de haut-parleurs, une triple mise signée Robert Normandeau, l’un des meilleurs compositeurs de sa génération. Cette occasion exceptionnelle a été rendue possible grâce au lancement de l’album Dômes sous l’étiquette Empreintes digitales, recueil des dernières créations du compositeur. Pour la Part des anges, j’entends de l’orchestration acousmatique, de longues plages qui s’étendent sur un horizon sonore, des lieux et des espaces inouïs qui nous plongent dans un « ailleurs », faisant oublier à tous l’existence de la salle dans laquelle on se trouvait. Une œuvre de maître.

Des temps oubliés (2012) — Gilles Gobeil

Je l’admets, difficile de ne pas y réentendre Le vertige inconnu, chef d’œuvre du compositeur datant de 1993. Mais les références purement musicales aux poèmes symphoniques et aux œuvres pour piano de Liszt qui traversent la pièce permettent des moments absolument magnifiques.

Three Myths of Liberalism (2012) – Adam Basanta Mon écoute était un peu lente au début, encore sous le choc après tout ce que j’avais entendu, mais le conceptualisme de la pièce cède la place à une proposition très musicale et imagée. Une pièce à voir en concert !

Pierre-Luc Senécal
le 12/11/2014

À lire également

13/11/2015
Myriam Bleau / Filastine
(Petit Bain)
16/07/2015
Akousma à Lanaudière (...)
(Musée d’Art de Joliette)
Robert Normandeau
Dômes
(empreintes DIGITALes)
Robert Normandeau
Puzzles
(empreintes DIGITALes)