Transient Festival 2014 : Richard Devine / Arovane / Ocoeur / TRDLX + Vein.

 date du concert

14/11/2014

 salle

Mains d’Oeuvres,
St Ouen

 tags

Arovane / Mains d’Oeuvres / Ocoeur / Richard Devine / Transient Festival 2014 / TRDLX

 liens

Arovane
Mains d’Oeuvres
Ocoeur
Transient Festival 2014
TRDLX

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Première édition d’un nouveau rendez-vous qu’on espère être pérennisé, le Transient Festival pouvait même se voir (et il s’agit, en ces pages, d’un très beau compliment) comme un petit frère du Bozar Electronic Arts Festival qui se tient chaque année. En effet, de la programmation (des têtes d’affiche et des découvertes) à la co-existence de concerts et d’une exposition (vidéos, arts numériques), en passant par l’articulation générale du week-end (electronica le vendredi, orientation plus club le samedi et plus expérimentale le dimanche) ou les conditions matérielles de l’événement (bracelets en papier de couleur, horaires de passages affichées un peu partout, deux salles différentes pour les concerts), la parenté avec la manifestation bruxelloise était patente.

C’est le duo parisien TRDLX qui avait la lourde tâche d’ouvrir le festival devant un public plutôt clairsemé. On les retrouve côte à côte derrière leurs laptops et machines, dans une salle plongée dans l’obscurité. Ils sont accompagnés par Vein. en charge des visuels.
Le concert débute par une intro que l’on qualifiera de dark-ambient qui, dans ses reflux et textures glacées évoque les papes de l’IDM fragmentée que sont les membres de Gridlock. Très vite le duo délivre les percussions sèches et lourdes que l’on attendait et on sent bien que leur force réside dans ces constructions rythmiques, auxquelles le volume sonore fait honneur. TRDLX fait s’entrechoquer les lignes de fracture dans un éclat mat de boules de billard, quitte à paraître un peu léger sur la dimension mélodique. Du coup leur set nous paraîtra peut-être un peu long, mais on leur reconnaitra une certaine habileté à se renouveler, suggérant presque une influence dub dans la cadence des syncopes, et allant même jusqu’au breakbeats sur l’un des derniers titres de leur set.
Puisque c’est la première fois que l’on parle de cette formation, précisons que les Parisiens ont sorti leur premier album Dystopia en juin de cette année, sur le label VoxxoV Records.

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Ocoeur

Dans la même salle, on enchaine avec Ocoeur qui était accompagné de Hieros Gamos pour les visuels. On retrouve alors l’electronica mélodique du français qui combine laptop et claviers, permettant d’intégrer quelques accords chromatiques tout en rendant sa prestation plus accessible. En revanche on trouvera l’ensemble du set inégal, alternant entre quelques passages abstraits ou qui tournent en boucle, quelques longueurs, mais aussi des virées inattendues vers le dancefloor qui ne laisseront pas indifférent, donnant envie de danser à certains tandis que d’autres seront déçus par ces élans binaires.
Du côté des visuels, on notera un travail assez classique pour un concert electronica avec des mouvements et effets de morphing sur des ensembles géométriques, mais on trouvera toutefois le résultat particulièrement soigné et réussi, parfois même plutôt envoutant, tout en regrettant que la configuration de la salle, en déconnectant l’image de la scène, ne soit définitivement pas adaptée au VJing.

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Arovane

Petite pause, et comme pour le Mo’Fo, changement de salle afin d’aborder la deuxième partie de soirée avec Arovane qui était pour nous une des grosses attentes de ce festival. On sera un peu inquiet à l’écoute des premières notes et de la posture d’Uwe Zähn. L’allemand, loin d’être une bête de scène, est statique derrière son laptop tandis qu’il délivre une musique aride et répétitive.
Et puis le set se révèlera finalement très riche, alternant entre aridité rythmique, stases ambient et electronica mélodique avec un gros travail sur les sonorités utilisées, entre caractère métallique et industriel, concassage et jeu sur leur luminosité, allant de l’effusion épique aux résonances les plus old-school façon Future Sound Of London. Arovane parvient à livrer une des prestations les plus passionnantes du week-end, qui inscrira définitivement les gens qui discutent pendant les concerts au rang de onzième plaie d’Egypte.

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Richard Devine

Cela fait 10 ans que l’on n’avait pas vu Richard Devine en concert, depuis son étonnant set dans la Chapelle des Carmélites de Toulouse, dans le cadre des Siestes Électroniques. Alors que l’on craignait de devoir subir 45mn ininterrompues de sonorités déchiquetées, l’Américain parvient à nous surprendre avec un concert joliment construit. Très vite, le tempo est soutenu et Richard Devine secoue la tête au gré des couches rythmiques les plus rapides et fourmillantes. Celles-ci évoquent un monceau d’insectes bioniques, se frayant un chemin le long de la colonne vertébrale tandis que les strates inférieures, irrégulières et plus graves, permettent de capter et d’étourdir l’oreille et le corps, amenant la salle à tenter vainement de se mouvoir en rythme.
La surprise viendra de quelques jolis breaks, de passages durant lesquels l’Américain nous laisse le temps d’apprécier son talent de sculpteur du son. On retiendra tout particulièrement le long final déballant des sonorités plus incroyables les unes que les autres, doublées de mimiques de l’Américain qui semblaient être lui-même surpris par ses productions. Le public est enthousiaste, Richard Devine se fait taquin tout en partageant sa joie, immortalisant sa fin de concert en prenant le public en photo.

Une première soirée qui laisse présager globalement d’un beau festival, avec une organisation impeccable et un public ayant largement répondu présent.

Fabrice ALLARD, François Bousquet, Manon Torres
le 23/11/2014

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