Transient Festival 2014 : Kangding Ray / Plaster / Somaticae / Lumisokea

 date du concert

15/11/2014

 salle

Mains d’Oeuvres,
St Ouen

 tags

Kangding Ray / Lumisokea / Mains d’Oeuvres / Plaster / Somaticae / Transient Festival 2014

 liens

Kangding Ray
Mains d’Oeuvres
Somaticae
Plaster
Transient Festival 2014
Lumisokea

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Ce festival était très attendu : une première édition, une programmation très axée electronica, avec quelques valeurs sûres bien entendu mais aussi quelques noms que l’on croyait définitivement oubliés ou des petits nouveaux qui tentent de se frayer un chemin au milieu d’une production devenue foisonnante et facile d’accès. La première soirée, à l’organisation a peu près irréprochable, nous a tout de suite rassurés, et le public semble avoir répondu présent pour ce nouveau rendez-vous musical parisien, aussi c’est très confiant que l’on entame cette deuxième soirée avec Kangding Ray en tête d’affiche, et Lumisokea en guise d’ouverture.

Nous comparions hier ce Transient Festival avec le Bozar Electronic Arts Festival et cette comparaison est d’autant plus pertinente que l’on découvrait Lumisokea fin septembre durant le festival bruxellois. Avant d’arriver sur place, nous craignions un peu que la musique du duo belgo-italien, plutôt calme, ne se prête mal aux salles de Mains d’Oeuvre. On sera en fait rapidement rassuré sur ce point puisque le duo a adapté sa performance à la configuration des lieux, avec un set bien plus tendu qui nous rappellera tout de suite la performance que donnait TRDLX la veille.
Un concert très axé sur les rythmiques qui prennent rapidement le dessus, et alors que l’on commençait à regretter le manque de renouvellement, le duo nous surprend avec un titre beaucoup plus mélodique, à base de bleeps incisifs. L’articulation entre la musique et le light show à base de fines lignes blanches balayant l’espace fonctionne à merveille puisque le mouvement des faisceaux est bien plus riche qu’à Bruxelles. Par ailleurs, disposé en front de scène, le dispositif lumineux se révèle être complètement immersif, quelques membres du public s’évertuant à essayer d’attraper cette lumière ainsi solidifiée (un peu à l’image des travaux du plasticien Anthony McCall). Alors que l’on craignait la redite, ce fut donc un plaisir de revoir Lumisokea à peine deux mois après leur live de Bruxelles.

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Somaticae

Après Arovane et Richard Devine, c’est aujourd’hui avec Somaticae que l’on reprend contact alors que l’on chroniquait Coninae, son premier album publié fin 2007 sur le label toulousain Annexia Records. Depuis, le français a fait son petit bonhomme de chemin, multipliant les productions en groupe avec Insiden et en solo en tant que Somaticae, depuis qu’il est hébergé chez In Paradisum, le label de Mondkopf (qui lui aussi a démarré chez Annexia !).
Très corporate, Amédée De Murcia apparaît sur scène dans un t-shirt In Paradisum aux côtés d’Hugo Saugier, en charge des visuels. Il ne doit être que 19h30 lorsque Somaticae démarre son set, mais déjà le son est dur, sec et percutant. Principalement basée sur un travail rythmique, éventuellement ponctuée de bruitages arides, la musique de Somaticae emprunte tout autant à la techno qu’aux musiques industrielles, avec à l’image de son dernier EP Pacurgis, une volonté de faire danser. Le résultat est efficace mais on a tendance à préférer les constructions moins prévisibles d’un Catarsis et on se lassera finalement assez vite de cette proposition alors que ne tenant plus, le Français finit par abandonner la scène pour aller danser quelques instants avec le public.
Au niveau des visuels, on est partagé, entre les images d’archives ethnographiques collant parfaitement à des percussions tribales, et mixage plus léger entre vidéos analogiques et glitchs numériques dont on pourra regretter, particulièrement sur ce type de musique, un manque de portée ou de propos politique.

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Plaster

On attendait ensuite beaucoup de Plaster, duo découvert sur l’excellent label Kvitnu, mais qui était décliné ce soir en version solo, assurée par Gianclaudio H. Moniri depuis que Giuseppe Carlini a décidé de faire un break. Cet élément explique peut-être en partie au moins la teneur de cette prestation qui, dès le début, adopte une tonalité techno, lourde, aux influences industrielles particulièrement marquées.
Sur disque Plaster nous avait habitué à plus de finesse et de variété, laissant le temps de déployer quelques souffles et textures organiques, mais lui aussi ce soir, reste bloqué sur une optique dancefloor, brute et binaire. Après 2 ou 3 titres on ira se prendre une bière et on écoutera le reste du set du fond de la salle, en hochant éventuellement la tête sur quelques titres.

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Kangding Ray

Plus cela va, plus les prestations de Kangding Ray s’orientent vers une dimension « club ». De fait, pour l’avoir vu trois fois en quatre ans, le Français développe de plus en plus cet aspect de son live, certainement encouragé comme ses compagnons de plateau par le fait de jouer un samedi soir, et le concernant, en clôture de soirée. Comme il maîtrise parfaitement ses outils, il sait évidemment assurer le coup pendant quatre-vingt minutes et nous faire tous danser, trouvant le parfait équilibre entre section rythmique et composants mélodiques (mélodies subtiles, arpèges prenantes, nappes et sonorités particulièrement travaillées) alors que l’on sortait de trois concerts particulièrement percussifs.
On pourra regretter un ou deux titres sur la fin au son plus dur, des transitions approximatives créant quelques flottements au sein d’un set extrêmement dansant, et plus globalement un certain manque de prise de risque mais le contrat de ce samedi soir était de toute façon rempli : faire danser les spectateurs qui semblèrent comblé par ce set.

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 01/12/2014

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