Transient Festival 2014 : Christian Fennesz / Nonotak / Paskine

 date du concert

16/11/2014

 salle

Mains d’Oeuvres,
St Ouen

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Fennesz / Mains d’Oeuvres / Nonotak / Transient Festival 2014

 liens

Fennesz
Mains d’Oeuvres
Nonotak
Transient Festival 2014

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Dernière soirée de cette première édition du Transient Festival, avec une programmation moins dense, peut-être plus expérimentale, en tout cas moins portée sur le dancefloor. En tête d’affiche Fennesz, vu et revu à Paris, ne suffit plus attirer les foules, tandis que le duo Nonotak, extrêmement actif depuis quelques mois, nous intriguait un peu...

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Paskine

On arrivera sur place après un DJ set assuré par Graal, et la soirée débutera donc pour nous avec Paskine, un artiste VoxxoV Records, comme TRDLX que l’on découvrait le premier soir. Peu de monde dans la salle, le public étant en majeure partie assis par terre, dans l’obscurité totale, si ce n’est le halo du laptop qui éclaire le visage du musicien. Après deux jours de tabassage sonore, cela fait un bien fou d’assister à un live qui prend le temps de délayer ses couches bourdonnantes et de consacrer le règne de la texture. Paskine déploie en effet un magma sonore dense, épais et organique, une ambient plus noise que celle que l’on peut trouver sur ses albums.
On pourra regretter l’extrême abstraction de son set, en grande partie improvisée, dans laquelle on finira par se perdre. Une rupture assez nette se fait avec l’arrivée de Patimo Morgan, mais malheureusement la combinaison des deux n’opéra pas. À la guitare, avec pédales et effets, Patimo Morgan construit une ambient minimale plutôt séduisante, mais dont on regrettera le manque de finesse. C’est surtout le changement de tonalité qui nous surpris avec un son extrêmement clair, tout juste ponctué de quelques craquements et grésillements de Paskine, beaucoup trop en retrait.
On finira dont ce concert avec une impression mitigée, entre belle ambient organique et abstraction déroutante.

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Nonotak

Le cas Nonotak est un peu plus compliqué. On ne connaissait ni le duo, ni Takami Nakamoto, déjà musicien en solo, avant une campagne promo assez intense entre septembre et octobre de cette année. Le duo nous semble donc sortir de nul part et exploser brutalement avec le BAM Festival à Liège début octobre, une exposition et une nomination au Prix Cube fin novembre avec l’installation Daydream v.2, et donc ce Transient Festival. En fait Nonotak s’était déjà produit au Générateur un an plus tôt et le duo ne cesse de faire évoluer son travail depuis leur formation en 2011, alliant art plastique (Noemi Schipfer, illustratrice) et musique (Takami Nakamoto).
Nous avions déjà une petite idée de ce qui nous attendait pour avoir vu quelques vidéos sur YouTube. Nonotak ne faisait pas un concert, mais nous présentait plutôt leur performance intitulée Late Speculation. On se retrouve donc avec un set fidèle à ce que l’on avait vu, hyper calibré, et bouclé en un trentaine de minutes ce qui surprendra un peu le public amassé derrière les barrières définissant un périmètre de sécurité.
Sur scène, le duo joue au sein d’un triangle de toiles sur lesquelles sont projetés des jeux de lumières épurés, lignes et carrés traversant les parois, jeu d’ombres avec les musiciens, le tout en restant bien calé sur le tempo soutenu de la musique. Une electronica puisant largement dans les scènes electronica/IDM avec une forte composante click’n cuts, un jeu sec et fracturé ayant tout de même envie de faire danser, avec notamment un Takami Nakamoto qui en fait un peu trop derrière ses machines. On passe au final un agréable moment, en grande partie grâce au jeu de lumière hypnotique, et on se dira que finalement 30-40mn c’est suffisant.

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Fennesz

On termine donc avec Christian Fennesz, un nom sur lequel les organisateurs semblent avoir tout misé pour ce dimanche mais qui, vu la fréquence de ses concerts parisiens, peine un peu à attirer les foules. Par ailleurs, ce Transient Festival étant très porté sur l’electronica, pas sur que le son de Fennesz tout de même très porté par ses guitares arides soit à même de convaincre le même public. _En ce qui nous concerne, c’est lors du festival Présences Électronique que l’on a vu Fennesz pour la dernière fois et les premières minutes de ce concert s’en rapproche grandement, alternant entre ambient-drone électronique et séquences plus rock appuyées par la guitare, comme ce Liminality époustouflant de mélancolie. L’ambiance est toutefois à l’apaisement, la majeure partie du public étant encore allongée par terre.
Après quelques allez-retour entre machine et six-cordes, Fennesz retrouvera le calme avec une dizaine de minutes purement ambient, inattendues et bienvenues, clôturant de très belle manière ces trois jours de festival.

Fabrice ALLARD, Manon Torres
le 07/12/2014

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