Propan

 date du concert

17/11/2014

 salle

Maison de Norvège,
Paris

 tags

Maison de Norvège / Propan

 liens

Propan

 dans la même rubrique
29/11/2016
Moskus
(Maison de Norvège)
07/11/2016
Melmac
(Pop In)

Le rôle joué par les centres culturels étrangers en matière de découverte et de propagation en France d’artistes (musiciens, plasticiens…) qui auraient probablement du mal à s’expatrier sans ce concours est régulièrement souligné par ces pages. En l’absence (ou en relais) d’institutions équivalentes pour un pays donné, les Maisons de la Cité internationale universitaire remplissent également cet office. Pour la Norvège, point de centre culturel parisien, mais une Maison dans la partie sud du parc de la Cité, lieu idéal pour servir de point de départ à une tournée d’une dizaine de dates françaises du duo Propan.

Devant une poignée de spectateurs (mélangeant public habitué de concerts expérimentaux et résidents norvégiens, descendus de leurs chambres en chaussettes et mugs de thé à la main), les deux jeunes femmes s’installèrent peu après 20h, munies d’un micro chacune et assises derrière des tables sur lesquelles étaient disposées diverses machines. Pendant une demi-heure, elles livrèrent alors un set d’improvisations vocales, agrémentées d’effets, explorant tout le champ des possibles offerts par une bouche humaine : claquements de langue semblables à des clapotis, vrombissements en jouant avec leurs glottes, vocalises et hululements, onomatopées, souffles, bruits de gorge façon « beat », désadhérence de la langue collée au palais et même baiser bien sonore.

En perpétuelle écoute l’une de l’autre, l’aspect improvisé de la prestation des deux Norvégiennes témoignait néanmoins d’un travail préparatif certain, palpable dans la progression de leur travail : aride et assez percussif au début, il s’orienta vers quelque chose de plus profond et accessible quand, sur la fin, Natali Abrahamsen Garner chanta doucement (en anglais ou norvégien ? difficile à déceler). Triturant ses pédales et sa mini-table de mixage, cette dernière pouvait également distiller de la réverbération ou bien entraîner les sons à la limite du larsen, tandis qu’Ina Kristina Evensen Sagstuen et son clavier-sampler se chargeait de recopier des boucles et de les superposer.

François Bousquet
le 03/12/2014