Latifa Echakhch : L’Air du Temps

 date

du 08/10/2014 au 26/01/2015

 salle

Centre Pompidou, Espace 315,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou, Espace 315 / Latifa Echakhch

 liens

Centre Pompidou, Espace 315

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Daniel Dewar et Grégory Gicquel l’avaient prouvé l’an passé : jouer sur la configuration de l’Espace 315 (tout en longueur et relativement étroit) est une bonne solution pour utiliser ce lieu et répondre à l’invitation faite chaque année par le Centre Pompidou au(x) lauréat(s) du Prix Marcel-Duchamp. Récompensée à son tour, Latifa Echakhch en fait de même et propose une installation unique et composite, travaillant sur la profondeur de champ et la perspective qu’offre la disposition de la salle.

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Vue de l’exposition
(courtesy de l’artiste et des galeries : Dvir, Tel Aviv ; kaufmann repetto, Milan ; kamel mennour, Paris ; Eva Presenhuber, Zurich)

Quand le spectateur pénètre dans l’Espace 315, il voit une quinzaine de groupes de nuages noirs, tenus par des fils mais accrochés très bas, frôlant le parquet du sol, à la manière de décors de théâtre qui seraient descendus entre deux représentations. Dans le prolongement de ses travaux précédents, convoquant déjà la couleur noire et l’encre sombre comme matériau, la jeune femme pose devant chaque nuage un objet partiellement recouvert de ce liquide : livres, disques, flacon de parfum, valise, appareil photo, rose des sables… Fragments de souvenirs, rappels renvoyant à l’enfance d’Echakhch, évocations de la migration de sa famille venue du Maroc, ces objets sont ainsi à la fois encrés et ancrés dans sa mémoire, remontant peut-être à la surface par l’effet de la condensation des nuages bas.

Dans la déambulation du visiteur, on lui conseillera de ne pas se retourner jusqu’à être parvenu au fond de la salle, de telle sorte qu’il pourra embrasser d’un seul regard le verso des nuages en se retournant, et découvrir alors l’envers de ce décor. Avec cette installation, Latifa Echakhch parvient ainsi, une nouvelle fois, à livrer une proposition profonde et génératrice d’émotions comme de réflexions.

François Bousquet
le 14/01/2015

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