Répétition

 auteur

Pascal Rambert

 metteur en scène

Pascal Rambert

 date

du 06/01/2015 au 17/01/2015

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Pascal Rambert / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Sorti du succès de Clôture de l’Amour et de travaux chorégraphiques proches de l’installation (tel Memento Mori, vu il y a deux saisons en ce même Théâtre de Gennevilliers qu’il dirige), Pascal Rambert s’est attelé à la rédaction de Répétition, pièce écrite pour quatre comédiens de renom, dont chaque personnage porte son propre prénom. On les retrouve in media res, en pleine « répétition » quand Audrey, compagne de Denis, surprend un regard équivoque de celui-ci envers Emmanuelle, en couple avec Stan. Partant de cette œillade capturée, la protagoniste va faire éclater le quatuor et mettre au jour leurs dissensions.

Si ce point de départ, tel que relaté à l’instant, laisse imaginer une dramaturgie aux forts ressorts narratifs, il faut immédiatement lever toute ambigüité et préciser qu’en vérité, l’écriture de Pascal Rambert procède par blocs, chaque comédien livrant un monologue de trente-cinq minutes, se taisant avant et après son intervention, mais restant sur le plateau et y déambulant. Au-delà de la vaillance des comédiens, l’agencement de Répétition est rendu possible grâce à un gros travail de leur part sur la modulation de leurs voix, sur l’intensité de ce qui se dit, naviguant dans plusieurs registres tandis qu’une nappe sonore enveloppe l’ensemble et que le jeu de lumières travaille également sur de belles variations. Œuvres respectivement d’Alexandre Meyer et Yves Godin, fidèles de Pascal Rambert depuis de nombreuses années (on se souvient du premier, présent sur scène, dans l’excellent Paradis (Un Temps à Déplier) il y a plus de dix ans), ces apports se montrent plus convaincants que la scénographie de Daniel Jeanneteau, dont certains aspects nous échappent encore (que sont ces plateaux métalliques circulant en haut de la cage de scène ?).

La forme d’hyper-réalisme voulu par Rambert (tenues de ville des intervenants, espace scénique familier - un gymnase avec panneau de basket-ball -) permet d’effacer tout filtre entre le public et des comédiens pris évidemment pour ce qu’ils sont et ce qu’on connaît déjà d’eux. Pour autant, cette dimension se trouve un peu trop surlignée dans le spectacle : Audrey Bonnet déborde d’énergie et projette sa voix, Emmanuelle Béart dispose des passages les plus crus et les plus charnels, Denis Podalydès interprète l’auteur de la pièce en répétition et Stanislas Nordey, incarnant le metteur en scène de cette création, convoque son habituel jeu d’acteur (avant-bras tendus vers le public auquel il s’adresse régulièrement). Sans véritable surprise, donc, cette attribution de caractères est associée à un texte très riche, très dense, nécessitant une attention poussée et frisant volontiers avec un abscons certain : « Saurons-nous mettre les mots sur la structure du désir qui a permis l’acte ? » lâche ainsi Audrey à un moment.

Abattu à la fois par ce qu’il a dit et ce que les autres ont dit, chaque comédien finit par s’allonger sur le plateau, pendant que la salle de répétition se mue en salle de sport où plane le souvenir de ceux qui l’ont investie. Apparaît une jeune gymnaste, évoluant avec ses ustensiles (ballon, cerceau, ruban, massues) sans se préoccuper des acteurs étendus au sol. Si on peut se demander si ces derniers ne sont pas morts, résonne alors en nous la dernière phrase de Stan : « Jeunes gens, relevez vous/L’histoire n’est pas morte, elle va vous réveiller ».

Autres dates :
-  du 22 janvier au 1er février 2015 : Théâtre des Célestins - Lyon
-  du 1er au 9 octobre 2015 : Théâtre Vidy-Lausanne
-  du 13 au 15 octobre 2015 : TAP - Poitiers
-  du 20 octobre au 7 novembre 2015 : TNS - Strasbourg
-  du 13 au 15 novembre 2015 : Comédie - Clermont-Ferrand
-  du 18 au 27 novembre 2015 : Théâtre national de Chaillot - Paris
-  du 3 au 5 décembre 2015 : CDN - Orléans
-  du 10 au 12 décembre 2015 : CNCDC Châteauvallon - Ollioules
-  du 16 au 18 décembre 2015 : Phénix - Valenciennes

François Bousquet
le 04/01/2015

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