Manual

Memory And Matter

(Darla / Import)

 date de sortie

07/10/2014

 genre

Electronique

 style

Electronica / Shoegazing

 appréciation

 tags

Darla / Electronica / Manual / Shoegazing

 liens

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En 2007, après sept ans d’activité, Lost Days, Open Skies and Streaming Tides regroupait inédits, remixes et morceaux extraits de compilations auxquelles Manual avait participé. Comme si le septennat était la durée idoine pour ce genre de bilan, Memory And Matter renouvelle l’expérience, à nouveau sur deux CD, et bien que le rythme de production du Danois se soit allégé par rapport au septennat précédent (on compte seulement trois albums et un EP contre sept longs-formats et trois formats-courts de 2000 à 2007).

Sur Lost Days, Open Skies and Streaming Tides, Jonas Munk avait orienté le premier CD vers l’electronica-shoegazing tandis que le second était davantage porté sur l’ambient ; ce schéma est repris cette fois-ci, mélangeant à nouveau morceaux personnels et remixes. C’est donc avec des couches de synthé donnant leur traditionnelle impression de vertige que s’ouvrent les débats (Swim) avant que les remixes de Sourin et Blue Foundation ne permettent aux guitares d’intervenir plus franchement, dans la lignée d’un pur shoegazing. À cet égard, la présence de voix féminines est un topos de ce style musical. Quand il s’agit de celle de Sara Savery chez Blue Foundation, celle d’Eve Komp chez Imandra Lake ou encore celle de la chanteuse de City Of Satellites (belle découverte, dans un registre certes lyrique mais emballant), on ne peut que s’en satisfaire ; en revanche, quand Manual remixe un titre d’Anna Barker, il ne peut rien faire contre la grandiloquence et l’emphase ampoulée du propos initial.

Sur le premier CD, l’electronica-shoegazing n’est cependant pas le seul style musical croisé puisqu’au détour d’un remix du groupe Salli Lunn, on rencontre un morceau de rock progressif (!), difficile parenthèse avant de retrouver, avec nettement plus de bonheur, Miraparque et ses entrelacs de guitare électrique dont on avait déjà vanté les mérites lors de sa publication originelle (sur le split 3" partagé avec Orange Crush). Pour terminer ce premier volet, Manual remixe le Skeletons de Caroline (cette jeune femme qui a publié deux albums sur Temporary Residence) et nous invite à retrouver, avec satisfaction, le timbre embué et, en apparence, dédoublé de la Japonaise. Enfin, c’est avec une piste personnelle, longue de dix-sept minutes, que s’effectue la transition vers le second CD, ouvrant des perspectives plus alanguies.

De fait, ce disque met aux prises des pistes arythmiques, tout juste constituées de plages jouant sur leur oscillation et sur l’intégration, à leurs côtés, de bruits de flux et reflux. Au milieu de ces morceaux, Jonas Munk place Farther Away, doté une mélodie de guitare, imprimant délicatement sa marque, mais esseulé parmi des titres d’ambient épurée qui finissent par se ressembler. Sous cet aspect, si la cohérence de chaque CD apparaît comme une justification tout à fait sensée, enchaîner autant de morceaux ambient entraîne l’auditeur du second disque dans une forme de lassitude que le premier volet écartait sans peine.

François Bousquet
le 30/12/2014

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