Fluorescent Grey

Ambiente

(Record Label Records / Internet)

 date de sortie

13/03/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Krautrock / Musique Concrète / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Field Recordings / Fluorescent Grey / Krautrock / Musique Concrète / Record Label Records

 liens

Fluorescent Grey
Record Label Records

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Nous avons déjà parlé de Fluorescent Grey, le projet de Robbie Martin, également fondateur du label Record Label Records qui édite logiquement cette nouvelle référence. Ambiente est plutôt à classer dans les compilations puisqu’il s’agit d’un coffret de trois CDs contenant près de 4h d’une musique composée sur une durée de 7 ans.

Afin d’écarter tout de suite des a priori faciles (mais compréhensibles), précisons que malgré son titre, Ambiente n’a pas grand chose à voir avec un disque de musique ambient... L’univers sonore de Robbie Martin, comme en témoigne la richesse du catalogue de son label, va bien au delà de cette catégorisation puisque l’américain s’intéresse avant tout à l’expérimentation, une expérimentation que l’on qualifiera de ludique, joyeuse, tour à tour référencé et irrévérencieuse et qui semble laisser une place importante à la spontanéité. Robbie Martin nous donne l’impression de faire ce qu’il veut, de faire preuve d’une grande liberté et de mener son projet et son label comme il l’entend, sans trop se fier de ce que les "critiques" peuvent en penser.
Ce coffret ne fait que confirmer ce sentiment, croisant les genres, les références, se révélant au final très exigent, plutôt expérimental et assez avare en mélodies et potentiel pop.

Si l’on se fie à leurs titres, les trois CDs regroupent chacun des pièces composées lors d’une même période. Ainsi on trouve 16 titres sur Ambiente 1 : The Harmoniums Reside In The Caverns Of Mercury enregistrés entre 2005 et 2008. C’est ici que l’on trouvera les travaux les plus faciles d’accès, car les plus référencés. Le disque est riche et plutôt fidèle à ce que l’on connaissait de Fluorescent Grey, alternant entre expérimentations électroacoustiques (Acoustic Barber Pole), amusement au didgeridoo et violon (Orange Wash), croisant Autechre et Tortoise sur un même Glass Highway ou s’amusant autour d’une electronica/ambient mystique avec le très beau Vapourware. Quelques field recordings (Bird’s Nest), du gros drone (Jeweled Flora) et on s’orientera vers un certain minimalisme, rythmique avec Rubbery, ou plus proche d’un Steve Reich luxuriant sur Grand Piano Wind Chime Machine. On terminera avec un coup de cœur, le fabuleux Sorcerers que l’on croirait tout droit sorti d’un vieil album de Klaus Schulze ou Tangerine Dream, et une mention spéciale pour Literal Elevator Music sur lequel le musicien semble composer une mélodie à partir du bruitage mécanique provoqué par le mouvement de la tête d’un scanner.

Le deuxième CD intitulé Ambiente 2 : The Uncanny Valley contient quant à lui 24 pièces dont l’enregistrement s’étale sur la période 2009-2011. Une période marquée par l’expérimentation qui en fait le disque le plus abstrait et par la même le plus difficile d’accès. Ce sont peut-être les amateurs de musiques électroacoustiques et d’improvisations qui y trouveront ici le plus leur compte, avec des pièces comme Red Gliders / Cloud Cave qui mêle flatulences de cuivres et grincements métalliques. On est souvent assez proche d’une musique concrète, de collages sonores (Skitter Eskalith), flirtant avec une laptop music expérimentale sur le bariolé Osmium Carousel.
Les techniques mises en œuvres ici sont donc variées, entre composition et improvisation, acoustique et électronique, sonorités concrètes, field recordings mais aussi quelques mélodies, comme ce Flute Neutrino qui semble être le fruit de manipulations électroniques de quelques notes de flûte. Cette pièce reste une exception sur un disque dont bon nombre de titres ne durent que 1-2 minutes, confirmant qu’il s’agit là d’un ensemble d’expérimentations qui mériteraient peut-être d’être développées.
On retiendra surtout les expériences mélodiques minimalistes, entre arpèges et boucles mélodiques triturées comme Uncanny Valley, ce Nectarine Nightmare au parfum très 70s ou le très vintage Ambient Arab Spring. Pour un retour au calme, on se posera avec le bouillonnant Glow Worm Hailing ou les drones électroniques de Harmonic Wasps. On sortira enfin de ce magma sonore avec les élucubrations sonores de Fireworks Prelude To Landscapes Of A Poisened Future, une superbe pièce d’une electronica aussi luxuriante qu’étonnante.

Le dernier volet intitulé Ambiente 3 : Ritual At The Super Volcano a entièrement été composé en 2012. C’est aussi le CD le plus ancré dans notre époque, faisant la part belle aux field recordings comme cet enregistrement téléphonique reprenant la discussion d’un jeune couple (Are You Pregnant Fly ? Or Have You Died ?). C’est aussi le disque le plus contrasté puisque Robbie Martin n’hésite pas à enchaîner guitares électriques bruitistes (Virtual Black Mass) et ambient flottante à base de clarinettes (Eirual).
Ce dernier volet semble emprunt d’un sentiment d’urgence, tout va très vite, les mélodies sont rapides (Yoshi’s Ambient), ça fourmille même sur le trompeur Static Pipes et l’ambient de la neuvième piste (sans titre) est parcourue de flutes et vocalises virevoltantes. Ce sont enfin les manifestations du mouvement Occupy Oakland qui concluent l’album avec 12 minutes de field recordings captés sur place et non manipulés.

Un travail colossal et rare dont la version physique n’est éditée qu’a une centaine d’exemplaire. Vivement conseillés aux amateurs curieux.

En guise de conclusion, un sampler vidéo comme on aimerait en voir plus souvent...

Fabrice ALLARD
le 31/12/2014

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