Robert Normandeau

Dômes

(empreintes DIGITALes / Metamkine)

 date de sortie

00/11/2014

 genre

Electronique

 style

Electroacoustique

 appréciation

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5 extraits en écoute

 tags

Electroacoustique / empreintes DIGITALes / Robert Normandeau

 liens

empreintes DIGITALes

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La réputation de Robert Normandeau n’est plus à faire dans le monde de l’électroacoustique. Compositeur récompensé à d’innombrables reprises pour ses pièces, il aura fait entendre ses œuvres plus d’une centaine de fois partout à travers le monde, sans compter ses nombreuses collaborations pour la musique de scène.

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Dômes est son plus récent recueil d’œuvres, distribué sous la fameuse étiquette montréalaise empreintes DIGITALes. Les pièces, composées pour dôme de haut-parleurs, un dispositif donnant une impression de tridimensionnalité du son, ont été réduites en stéréo tout en conservant leur caractère immersif. Ainsi, on se sent comme baigné dans un liquide sonore, flottant à la dérive vers un « ailleurs imaginaire ».

En ouverture, on débute avec La Part des Anges, et on sait que c’est du sérieux. Un boom profond rythme l’évaporation des voix. La musique nous emporte vers les hautes strates de l’atmosphère, comme si nous n’étions plus qu’une vapeur ondulant vers un éden stellaire, et toute notion du temps s’envole, perdue parmi les souffles distillées. À regarder dans le noir, les yeux fermés.

Pluies noires, c’est de la corporalité et du viscéral. Les multiples couches de saxophone merveilleusement orchestrées sont en lente effervescence, sorte de machine organique qui se délecte de méchanceté. Qu’on ne surprenne que la pièce de théâtre Blasté de Sarah Kane aie servi de source d’inspiration. « Toutes ces pluies ne peuvent que difficilement laver la noirceur de l’âme humaine lorsqu’il est en guerre, spécialement à propos de celle de Bosnie à laquelle la pièce fait implicitement référence. » Une longue respiration de cruauté, celle d’une monstrueuse beauté.

Hamlet-Machine without Actors (à distinguer de la version « avec les acteurs » sur Puzzles du même compositeur) puise dans la trame sonore composée pour la pièce Hamletmachine, mise en scène par Brigitte Haentjens à Montréal en 2001. Véritable mécanique vivante, les bruits de métaux et de chaîne se mêlent aux sons plus introspectifs, des chants qui semblent observer le monde à travers les rouages d’une machine en marche.

Pas de doute, ces trois pièces sont des bijoux où se rencontrent beauté, intensité et une sensualité qui flirte avec la lascivité  ! Pour ce qui est de Kuppel et Baobabs, j’admets ne pas avoir été autant séduit. Ironiquement, il me semble que ce sont les forces de Kuppel qui me l’interdisent. La forme est très claire, la proposition est simple et l’économie de moyen est remarquable, mais je ne peux m’empêcher de trouver que la pièce tire en longueur. Pour Baobabs, bien qu’elle ait été primée au concours international Musica Nova en 2013, mes réserves sont d’ordre entièrement personnel, et ont trait à une technique d’écriture de la voix utilisée à plusieurs reprises par le compositeur que je n’ai jamais su appréciée (la technique, pas le compositeur).

Qu’à cela ne tienne, et malgré des fins que je trouve un peu abruptes pour un album aussi fluide, Dômes comporte des moments fantastiques, un véritable vermeil sonore. À entendre en concert dans un dôme près de chez vous.

Pierre-Luc Senécal
le 25/01/2015

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