Israel Martínez

The Minutes

(Aagoo / Import)

 date de sortie

01/04/2013

 genre

Electronique

 style

Drone / Musique Concrète / Field Recordings

 appréciation

 tags

Aagoo / Drone / Field Recordings / Israel Martínez / Musique Concrète

 liens

Aagoo
Israel Martínez

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On découvrait Israel Martínez en 2011 avec El Hombre Que Se Sofoca publié par le label Sub Rosa. Mais le Mexicain est avant tout un habitué de la structure nord américaine Aagoo Records qui sort ici le 5eme album de l’artiste.

En 2011, on découvrait tout juste Israel Martínez et nous avions été surpris par la forme de son album, alternant entre courtes pièces croisant musique concrète et field recordings, et morceaux plus en longueurs, plus complexes, habillant ses enregistrements de nappes et drones. Cette structuration semble être relativement habituelle puisque The Minutes est construit selon le même principe avec 5 pièces d’une durée moyenne de 8mn, et 5 autres que l’on considèrera comme des interludes de 2-3mn. Parallèlement, tous les titres s’enchaînent, permettant de considérer The Minutes comme une pièce unique.

L’artiste a posé quelques mots à l’intérieur de la pochette, replaçant son album dans le contexte social de son pays, à savoir la guerre entre les autorités et les trafiquants de drogue, une guerre tuant des milliers d’innocents et semant la terreur. L’artiste tente alors ici de traduire le sentiment d’incertitude dans lequel vit le pays. Pourtant l’ambiance est apaisée sur l’ouverture de Borrados, avec ses clapotis et gazouillis d’oiseaux avant qu’un chant ne surgisse d’une rue. Les field recordings sont variés et ne sont que rarement utilisés tels quels. Le Mexicain les utilise généralement comme source sonore qu’il manipule et colle à la façon d’une musique concrète, pouvant se faire assourdissante quand il mêle bruitage de roulements mécaniques et piaillements d’oiseaux (Tribonera), ou plus apaisée quand il superpose bourdonnement d’insectes et nappe discrète sur Tosho.

Les pièces les plus longues sont à la fois douces et inquiétantes, traduisant parfaitement le propos de l’auteur. Le clapotis de la mer a laissé la place à une pluie battante sur un tapis de guitares évanescentes sur Oblique Conjectures avant que des enregistrements bruitistes ne viennent encore s’ajouter à la tension ambiante. L’atmosphère est d’ailleurs souvent anxiogène, que ce soit par l’utilisation de drones graves ou des sifflements crissants que l’on trouve en ouverture de Lamira. Même l’apparente sérénité qui ouvre Xiriah se voit petit à petit ternie par des grincements métalliques et des drones nasillards et frétillants, largement dominés par des machines. On notera enfin la construction atypique de l’effrayant Ojodeagua qui par une succession de cassures brutales alterne entre souffles sourds et épais, violentes textures bruitistes et field recordings apaisé d’une rivière.

L’album s’achève avec Tabula Pacifico et ses tonalités nasillardes et virevoltantes, puissantes et oscillantes qui laisseront la place à une voix extraites d’enregistrements ambiants. Un album riche et vivant, dans la droite ligne de El Hombre Que Se Sofoca.

Fabrice ALLARD
le 19/01/2015

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