Maxime Corbeil-Perron

K A T H A R S I S

(Kohlenstoff Records / Import)

 date de sortie

11/12/2014

 genre

Electronique

 style

Electroacoustique

 appréciation

 écouter

6 AIFF (complets)

 tags

Electroacoustique / Kohlenstoff Records / Maxime Corbeil-Perron

 liens

Maxime Corbeil-Perron
Kohlenstoff Records

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« Catharsis », mot grec signifiant « purification ». L’être humain se libère de ses pulsions, angoisses ou fantasmes en les vivant à travers les situations représentées sous ses yeux. Inutile de dire que, lorsqu’un compositeur intitule son album de la sorte, on s’attend à du sérieux !

Le jeune compositeur Maxime Corbeil-Perron se décrit comme un « enfant du rock et de la musique électronique ». Membre fondateur de Kohlenstoff Records, à la fois une étiquette et un collectif d’artistes de la relève dédiée aux musiques expérimentales électroniques, il signe enfin un premier album « plein déploiement » comprenant principalement 5 pièces, un savant alliage de noise, de musique concrète et d’instruments conventionnels dont il reste surtout la trace.

En effet, dès Atomes, on entend clairement l’écriture instrumentale de cette musique électronique. On aura souvent l’impression d’entendre des sections de « cordes et vents » électroacoustiques, des mélodies, voire des soli d’instruments-matières inconnus. Dans la musique du compositeur, on sent qu’il manipule les énergies, qu’il les rompt et les plie. En quelque sorte, l’auditeur devient cette énergie qui est en constante transformation. Il se retrouve balloté par le dynamisme des pièces, partagé entre moments d’accalmie et gestes violents, ou encore désœuvré par les longs silences qui subsistent après les puissants crescendos, puis laissés dans l’attente qui précède la prochaine vague qui déferlera. Il en arrivera peut-être alors à un sentiment de révélation, à cette catharsis évoquée dans le titre de l’album.

Ma première écoute me donnait l’impression d’être devant une sorte de cosmos, de vide infini, mais à force d’écoutes assidues, il est clair que c’est un « ailleurs » qui est évoqué, un univers purement musical, tout à fait abstrait, à l’image de Wassily Kandinsky, un fondateur de l’art abstrait dont l’œuvre Komposition n° 8 a servi d’inspiration pour la pièce Fragments.

En somme, l’album est truffé de beaux moments aux résonances poétiques, et on remarquera une confection très homogène, fluide, où chaque pièce porte clairement la griffe du compositeur tout en étant subtilement distinguable : Vertiges par les sonorités de l’orgue de sirène, Atomes par ses sons électroniques, Anti par sa forme, son équilibre et sa balance et Wise Constellations pour sa tendresse. Un album qui mérite d’être réécouté.

Pierre-Luc Senécal
le 13/02/2015