Cannibales

 auteur

José Pliya

 metteur en scène

José Pliya

 date

du 20/01/2015 au 30/01/2015

 salle

Théâtre 71,
Malakoff

 appréciation
 tags

José Pliya / Théâtre 71

 liens

Théâtre 71

 dans la même rubrique
du 21/09/2016 au 08/10/2016
Nobody
(Théâtre Monfort)
du 10/05/2016 au 04/06/2016
Je suis Fassbinder
(Théâtre de la Colline)
du 17/03/2016 au 03/04/2016
En Route – Kaddish
(Nouveau Théâtre de Montreuil)
du 16/03/2016 au 26/03/2016
L’Adversaire
(Théâtre Paris-Villette)

Montée il y a une dizaine d’années par Jacques Martial, Cannibales fait l’objet d’une nouvelle mise en scène, opérée par l’auteur lui-même, s’autorisant ainsi à se saisir de cette dramaturgie dans laquelle trois femmes, d’âges différents, se trouvent face à une situation identique : la perte d’un enfant. Quand la pièce débute, c’est la plus jeune, Christine, qui cherche assistance auprès des deux autres puisque sa petite fille n’est plus dans son landau. À mesure que les minutes passent, l’affolement se dissipe quelque peu tandis que la quête ne débute jamais véritablement. Si le réalisme se trouve, de la sorte, écarté, l’ensemble prend un tour plus métaphorique lorsqu’on saisit qu’en vérité, la perte n’est pas temporaire et remonte à la période de grossesse même.

Réunies dans un parc municipal par un apparent hasard, les trois protagonistes partagent également le même trauma d’avoir perdu un enfant, dans diverses conditions, de plein gré ou non. L’écriture de José Pliya ne se fait heureusement pas trop maniérée pour rendre compte de ces meurtrissures mais probablement pas suffisamment puissante pour toucher véritablement, repoussant par exemple le terme d’ « avortement » au dernier quart de la pièce. En parallèle, sa mise en scène s’appuie principalement sur un jeu d’ombres, créant des allées lumineuses sur un plateau nu (hormis deux chaises de jardin), et sur des apports sonores évoquant la pluie ou l’orage.

Emmené par conséquent vers une ambiance de polar, le spectacle semble hésiter entre cette veine et quelque chose de plus psychologisant que les dialogues et la thématique convoquent. Sous ce rapport, la direction d’actrices et les costumes suggèrent cette lecture, laissant imaginer que les trois femmes ne sont que la déclinaison d’une seule et même personne : elles ne se touchent, ni ne s’effleurent, jamais pendant la majeure partie de la pièce, leurs tenues sont identiques (noires, jambes couvertes et décolleté apparent) et leurs redingotes forment un camaïeu fonçant avec l’âge (rouge-vif, bordeaux, violine).

Autres dates :
-  12 et 13 février 2015 : Théâtre national du Luxembourg
-  20 février 2015 : Théâtre du Passage - Neuchâtel

François Bousquet
le 27/01/2015

À lire également

du 16/01/2006 au 07/02/2006
Nous étions assis sur (...)
(Théâtre de la Cité Internat)