1984-1999. La Décennie

 date

du 24/05/2014 au 02/03/2015

 salle

Centre Pompidou-Metz,
Metz

 appréciation
 tags

Centre Pompidou-Metz / Dominique Gonzalez-Foerster / Fischli & Weiss / General Idea / Karen Kilimnik / Liam Gillick / M/M / Maurizio Cattelan / On Kawara / Paul McCarthy / Philippe Parreno / Pierre Huyghe / Sturtevant

 liens

Centre Pompidou-Metz

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En 2007, Stéphanie Moisdon était chargée de co-commissionner la Biennale de Lyon et l’avait intitulée « L’histoire d’une décennie qui n’est pas encore nommée » et avait convié 50 commissaires pour tenter de saisir l’actualité artistique d’alors. Sept ans plus tard, c’est à la décennie précédente qu’elle s’intéresse, dans un travail mené en commun avec la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster, chargée de la scénographie. Si, d’entrée, le titre de l’exposition interpelle, sorte d’oxymore chronologique, il pourrait aisément être modifié pour substituer à l’article « La » l’adjectif « Ma », tant l’aspect subjectif de la proposition est fort.

De fait, en lieu et place d’un panorama ou d’un inventaire de la scène artistique de cette époque (entreprise qui, de toute évidence, aurait été impossible), Moisdon opte pour une sélection personnelle d’une petite centaine de créateurs, œuvrant aussi bien en arts plastiques qu’en musique, cinéma ou architecture. À ce titre, on ne pourra que saluer, une nouvelle fois, les impeccables conditions de monstration du Centre Pompidou-Metz, avec audiopen distribués (permettant de parcourir l’exposition en écoutant une parfaite bande-son des années 1990 : Massive Attack, Portishead, Pavement, Nirvana, PJ Harvey, Diabologum, Sonic Youth, Sebadoh, Cat Power, Tortoise…) et salle de cinéma programmant des bandes annonces de films-balises de ces années-là (Chungking Express, Le Goût de la Cerise, Les Idiots, À nos Amours, Vive l’Amour, The Truman Show) entre deux films expérimentaux (Dan Graham, Paul McCarthy, Pierre Huyghe, Philippe Parreno).

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Karen Kilimnik - Stonehenge
(courtesy Centre Pompidou-Metz)

Séparée en deux par un espace central composé de deux salles et d’un mini-couloir, 1984-1999. La Décennie tire parti de la forme tout en longueur de la Galerie 1 du Centre pour installer deux situations, l’une plus urbaine (« Ville ») et l’autre plus champêtre (« Nature »). La première se visite avec, couvrant la baie vitrée, une vue d’une mégalopole de nuit, buildings éclairés et néons commerciaux allumés. Baignés dans cette atmosphère, les tombes d’Elaine Sturtevant, l’âne chargé d’une télévision de Maurizio Cattelan, la Garden Girl de Paul McCarthy, le Moment Ginza de Dominique Gonzalez-Foerster traduisent parfaitement la montée de la mondialisation et du stéréotypage tandis qu’un recoin recèle des photographies plus sordides d’Harmony Korine. La seconde moitié est une évocation ouverte de Twin Peaks (le panneau indicateur réalisé par Philippe Parreno ne trompe pas) et de son atmosphère à la fois campagnarde et étrange : matière plastique verte au sol, façon faux gazon, installation Stonehenge de Karen Kilimnik, plusieurs œuvres en bois…

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Vue de l’exposition

Entre « Nature » et « Ville », les volumes se font plus sombres (les objets de Fischli & Weiss, les dates d’On Kawara sur fond noir) et l’atmosphère plus portée sur l’intime (la parure de lit « humaine » de BLESS, les gélules médicamenteuses de General Idea). Inévitablement, l’exposition propose également quelques objets « vintage » (Minitel, Game Boy, Walkman, baume pour les lèvres fluo, sac à dos très coloré) ainsi qu’une bibliothèque avec tous les romans et essais que l’on peut imaginer. Globalement, c’est d’ailleurs une forme de regret qu’on exprimera à l’égard d’une présentation sans véritable surprise, convoquant tous les artistes gravitant autour d’une certaine scène française ou proche de la France (Philippe Parreno, Pierre Huyghe, M/M, Rirkrit Tiravanika, Liam Gillick en plus de ceux déjà cités), faisant évidemment écho à la programmation du Consortium dijonnais de ces années. Sans aller jusqu’à accuser les conceptrices de complaisance à réunir leur microcosme (le nombre et la qualité des œuvres plaident naturellement pour elles), il faut reconnaître que la volonté, pleinement assumée, de proposer une sorte de retour en arrière très personnel peut rebuter ceux qui s’attendaient à une vision plus ordonnée.

François Bousquet
le 02/02/2015

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