Pascal Battus & Dafne Vicente-Sandoval / Alexis Degrenier

 date du concert

14/02/2015

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Lieu Unique / Pascal Battus

 liens

Lieu Unique
Pascal Battus

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Dévolues aux expérimentations et singularités, les soirées « Pas Normal » se tiennent au Lieu Unique, environ une fois par mois. Partagées entre le salon de musique (agréable lieu situé à l’étage du bâtiment, parsemé de gros boudins permettant, au choix, de s’asseoir, s’allonger ou s’affaler) et le bar (pour une seconde partie de soirée alternant live et mix), ces soirées sont l’occasion de se confronter à des formes valant autant pour leur aspect visuel que musical.

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Alexis Degrenier

À ce titre, la vielle à roue bénéficie d’un regain d’intérêt ces derniers temps (on sait qu’un musicien comme Yann Gourdon donne plusieurs concerts avec cet instrument médiéval) et que le maniement de ses cordes et de son clavier constitue toujours quelque chose d’intéressant. Posté devant une petite table de mixage, la vielle à roue sur ses genoux, Alexis Degrenier livra ainsi une demi-heure à la fois lancinante et enveloppante, mariant notes tenues, émanant des cordes, et touches plus éparses, actionnées au clavier. Grâce à son dispositif électro-acoustique, le Français put combiner caractère intemporel de son instrument, né au IXe siècle, et travail plus contemporain dans son approche du drone. De fait, Degrenier n’hésita pas à laisser grésiller certaines cordes, provoquant un effet un peu malaisant, ou à s’adonner à un jeu quasi-free quand il s’attacha aux notes les plus aigues vers la fin de son set.

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Dafne Vicente-Sandoval et Pascal Battus

Une petite pause permit au salon de musique de se remplir davantage pour atteindre la cinquantaine de personnes, et la soirée continua avec le duo formé par Pascal Battus et Dafne Vicente-Sandoval pour un concert en deux parties. Version « acoustique », le premier opéra avec ses traditionnels mécanismes associant frottements d’objets divers (morceaux de polystyrène, feuille de papier, tige métallique, plastique) sur des petits moteurs tandis que la seconde posait des notes très basses avec son basson. Expérimental et improvisé, ce minimalisme sonore jouait assurément sur les contraires : grave du basson contre aigus des interventions de Battus, rondeur contre stridence, caractère imposant de l’instrument contre fragilité des assemblages, instrument constitué contre montages bricolés… Version « amplifiée », Vicente-Sandoval démonta son instrument pour ne conserver que le bocal (cette pièce métallique recourbée sur laquelle se monte l’anche) ou l’anche et agir par souffles relayés par un micro. De son côté, Battus conserva le même schéma mais y ajouta aussi de petits capteurs qu’il colla sur ses objets pour gonfler encore le résultat des frottements.

François Bousquet
le 19/02/2015

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