Robert Henke : Lumière II

 date du concert

19/02/2015

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Robert Henke

 liens

Centre Pompidou
Robert Henke

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Présentée à Bruxelles en octobre dernier, la pièce Lumière connut une deuxième déclinaison, parisienne cette fois-ci, puisque Robert Henke livra au Centre Pompidou, face à une salle pleine (on refusa du monde à l’extérieur) et attentive, la première de cette nouvelle version. Après avoir demandé aux spectateurs placés derrière la console (disposée au milieu des gradins) de s’installer dans les premiers rangs pour pouvoir pleinement profiter du spectacle, il sollicita également l’absence de photos, les écrans rétro-éclairés des téléphones portables brisant l’obscurité voulue par l’artiste.

Un tel dispositif démontrait bien l’ambition du propos : se concentrer pleinement, quitte à laisser l’Allemand à l’abri de tout regard, sur les visuels projetés en fond d’un plateau nu. Le titre de la pièce est également assez explicite, plaçant l’aspect visuel au premier plan, même si musique et projection sont intimement liés et ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Pour autant, Henke est aussi un musicien et la grosse heure de set ne l’oublia pas, livrant une suite de morceaux à l’esthétique minimale très poussée : travail sur les fréquences, combinaison de petits glitchs et mini-explosions, craquements et coups plus sourds. Si l’ensemble se montra sans réelle surprise pour qui est familier d’un label comme Raster-Noton, il évolua pourtant avec la mise en place progressive d’une alternance entre ces titres et d’autres, aux beats plus affirmés. On notera d’ailleurs dans cette nouvelle version, un meilleur équilibre entre douceur et rythmique alors qu’à Bruxelles l’Allemand enchainait de façon un peu mécanique des pièces au tempo sec et soutenu.

Quatre lasers étaient donc utilisés pour générer les projections servant de fondement à Lumière II. Comme pour la musique, les premiers temps ne provoquèrent pas de grand étonnement : jeu sur les figures géométriques basiques (lignes verticales et horizontales, ronds, ellipses, points, carrés, rectangles) bougeant au rythme des sonorités produites. D’une tonalité très rose, les lasers prenaient pourtant des atours plus jaunes quand ils traversaient la fumée abondamment diffusée au ras du plateau, celle-ci filtrant certaines fréquences du spectre visible.
Annonciateur d’une évolution, cette tendance fut accentuée quand les formes se parèrent réellement de couleurs autres (bleu, rouge) et que les visuels se complexifièrent, travaillant sur leur oscillation et leur caractère vibratoire. C’est là la plus grosse évolution que l’on perçu dans Lumière II : là où les formes générées par les lasers restaient simples et basiques dans sa première version, ce sont ici des courbes mathématiques complexes qui étaient à l’origine du mouvement des faisceaux lasers. La tonalité, le volume, le tempo de la musique sont autant de paramètres qui viennent influencer l’intensité lumineuse des lasers, la taille des formes géométriques, la vitesse des mouvements.
Plus encore : après avoir été contenus au centre de l’écran (soit assez loin des spectateurs, compte tenu de la profondeur du plateau), les images débordèrent au fur et à mesure, s’invitant dans les cintres et sur les murs latéraux, affermissant l’aspect immersif de la proposition.

Plus qu’une nouvelle version, Lumière II est une réelle évolution, même si l’on devine que l’on n’est qu’au début d’un nouveau type de spectacle.

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 22/02/2015

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