Électrochocs : Pierre-Alexandre Tremblay

 date du concert

05/03/2015

 salle

Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec à Montréal

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Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec à Montréal / Pierre-Alexandre Tremblay / Réseaux des Arts Médiatiques

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Pierre-Alexandre Tremblay
Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec à Montréal
Réseaux des Arts Médiatiques

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Compositeur de musique électroacoustique, bassiste, enseignant, anciennement réalisateur de musique pop... tant de chapeaux qu’a portés Pierre-Alexandre Tremblay, ce chapelier (un peu fou) invité au fameux spectacle montréalais Électrochocs, donné le 5 mars.

Difficile de catégoriser cet artiste, à la fois touche-à-tout et contrasté, hyperactif et structuré, humble et provocateur. Au programme : 3 pièces d’inspiration berlinoise, créées dans, pour et en pensant à la capitale allemande. Même si près de 10 ans séparent leur création respective, on retrouve la griffe du compositeur sur chacune d’entre elles, signe de l’authenticité de sa démarche.

Dans la salle Multimédia à l’éclairage tamisé du Conservatoire de musique, une superbe basse six cordes fretless s’élançait entre la console de diffusion, les pédales d’effets et le système de haut-parleurs. Dans une entrevue d’avant concert, une poignée de spectateurs ponctuels ont eu l’occasion d’entendre le compositeur parler de sa démarche et de ses inspirations. Si son fil de pensée est parfois alambiqué, il réussit tout de même à laisser dans notre tête des bribes de paroles : musique d’inspiration allemande, contemplation, amour débordant pour les synthétiseurs analogiques, les basses fréquences... la liste est longue !

C’est donc tout à l’honneur de Pierre-Alexandre Tremblay que sa musique soit directe et facile de lecture, et ce sont là deux des grandes forces de sa musique : sa facilité d’écoute et sa cohérence plus que remarquable. Le travail formel, l’obsession pour la répétition et l’économie de moyens en termes de matériaux sont quelques-unes des qualités qui permettent toujours à l’auditeur de se retrouver. J’ai entendu le terme « lisibilité formelle ». Disons simplement que le compositeur raconte quelque chose, et que l’auditeur peut aisément reprendre le fil.

C’est exactement cette impression que j’ai ressentie durant la 1re pièce de la soirée, For Ever Now Soon an End. Au milieu des sons de pas humains, de pétillements de hautes fréquences, de gonflements dans les graves et de pads de synthé analogique, je reconnaissais un langage clair, articulé et simple. Incapable de nommer mon ressenti, je peux bien dire que j’étais touché par ce que j’entendais.

Prise en tant que telle, la courte improvisation de basse intercalée entre les 2 pièces n’amenait pas grand-chose à la soirée, exploitant principalement une gamme chromatique descendante. Par contre, lorsque mise en lien avec l’introduction de la 2e pièce de la soirée, l’improvisation est devenue alors un geste plutôt malin dont il faut reconnaître l’efficacité et la satisfaction procurée.

Si l’idée de répétition contribue au plaisir de l’écoute, elle peut cependant être pernicieuse pour la durée des pièces, la ligne étant fine entre répétition et redondance et les 3 œuvres tiraient en longueur. L’approche ambiant étant moins ma tasse de thé, je reconnais également que ces pièces ne m’ont pas procuré le plaisir viscéral que je recherche sans cesse dans la musique. Ce concert Électrochocs n’en était pas moins un concert d’excellente qualité, avec des pièces aux ciselures fines, réalisées par un bon compositeur aux qualités hors-normes de musicien.

Pierre-Luc Senécal
le 09/03/2015