Pas un mois sans « Days »

S’étonnant que personne n’ait eu cette idée au préalable, Nils Frahm vient de lancer la première édition du « Piano Day », manifestation ayant vocation à se tenir chaque 88e jour de l’année civile (soit le 29 mars, pour 2015) et destinée à célébrer l’instrument en question. Pour notre part, ce qui nous étonne plutôt est la multiplication de ces « days » : de « Free Comic Book Day » en « Cassette Store Day », en passant par le « Record Store Day » (importé sous l’appellation hybride et peu avenante de « Disquaire Day »), les professionnels ont mis au point ces journées depuis quelques années.

En France, la branche cinématographique avait ouvert la voie avec la « Fête du Cinéma », puis le « Printemps du Cinéma » (sans compter l’éphémère « Rentrée du Cinéma »). Opérations de promotions commerciales, ces manifestations mettent assurément en lumière des secteurs dont il ne s’agit pas de souhaiter la disparition et qui peuvent, précisément, bénéficier de ces vitrines pour attirer de nouveaux adeptes. Néanmoins, face à ces événements à la visibilité parfois tapageuse et ostentatoire, on conserve toujours une préférence pour un travail de terrain, opérant davantage sur le long terme et sur une présence continue.

À l’évidence, l’un n’empêche pas l’autre et c’est, évidemment, parce que les magasins de disques font une importante recette fin avril qu’ils peuvent continuer d’exister pendant toute l’année. Mais à contempler les impressionnantes files d’attente devant les disquaires ou à observer les sommes faramineuses atteintes sur les sites de vente aux enchères par les éditions spécialement publiées pour ces « days », le recours à ce type de procédés mérite d’être mis en question.

François Bousquet
le 22/03/2015