Alessandro Bosetti & Chris Abrahams

A Heart that Responds from Schooling

(Unsounds / Import)

 date de sortie

10/02/2015

 genre

Electronique

 style

Minimal / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Alessandro Bosetti / Chris Abrahams / Minimal / Néo-Classique / Unsounds

 liens

Unsounds
Alessandro Bosetti

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Par rapport aux autres disciplines que nous traitons sur ces pages, la musique offre cet avantage de permettre à deux artistes d’opérer ensemble. En effet, deux réalisateurs, deux plasticiens (hormis les cas où ils opèrent ensemble ab initio), deux metteurs en scène ou deux dramaturges ne travaillent qu’extrêmement rarement de concert. En revanche, le champ musical est largement plus propice aux rencontres et collaborations, à l’image de celle de Chris Abrahams et Alessandro Bosetti qui, avec A Heart that Responds from Schooling, renouvellent une expérience déjà tentée en 2012.

L’Australien et l’Italien se retrouvent donc pour une forme de concerto, le piano du premier dialoguant avec l’électronique minimaliste du second. Le classicisme du clavier se confronte ainsi aux aspects plus pointus et contemporains des machines, le velouté au larsen et le mélodique à l’abstrait. Afin d’apporter encore un peu plus de corps à l’ensemble, Bosetti s’essaye également au chant, d’un timbre passant, dans le même morceau, de la voix de tête à un registre plus grave (Esteem). Plus encore, sur Bridges, l’Italien délaisse ses machines pour livrer une forme de ballade, accompagné par le piano, et œuvrer dans un registre vers lequel on n’aurait pas imaginé qu’il se dirige (et pour lequel des progrès en terme de justesse peuvent être assurément faits).

Si les premiers morceaux du disque voient Bosetti délivrer des partitions très minimales et aigues (larsens, bleeps, crépitements), il convoque, sur le long Greenhouses (près de douze minutes), des beats plus sourds, façon coups sur une grosse caisse. Accentuant une dimension présente sur le reste de l’album, Abrahams propose un jeu très rapide, travaillant sur quelques notes uniquement, à la manière d’un solo de free-jazz. La conjonction de ces deux instruments insiste alors sur la répétition du même thème, poussant l’auditeur au bord de l’envie de sauter la fin du morceau pour aller plus rapidement vers La nourriture, titre caudal sur lequel Bosetti s’exprime en français (il habite Marseille), exercice de spoken word au sujet des gens qui se réfugient, en cas de déprime, dans la nourriture.

François Bousquet
le 05/04/2015

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