Link Festival : Sven Väth / Dubfire / Technasia / Len Faki / James Ruskin / The Advent / Dave Clarke et autres

 date du concert

04/04/2015

 salle

Halles des Foires de Coronmeuse,
Liège

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Halles des Foires de Coronmeuse / Sven Väth / The Advent

 liens

Sven Väth
The Advent

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Nous tenions, en valeureux Liégeois, à saluer la première édition de ce nouveau festival techno qui se positionne en fraternelle concurrence des Transardentes (même lieu, même gabarit, même niveau de line-up). Un line-up de qualité, ici assez orienté "retro", de nombreux artistes étant déjà actifs il y a (plus de) 20 ans. On ne sacrifie pas à la hype dans ce cénacle dominé par la grande salle Cocoon headlinée par l’immense Sven Väth, qui convainquit beaucoup, dont votre serviteur, de tenter l’expérience même si celle-ci n’est plus vraiment de notre âge. On passera sur l’organisation pratique perfectible (agencement des salles, toilettes...) pour ne relever qu’un point d’interrogation : l’assistance un peu faible, qui ne permet pas de s’assurer que les promoteurs de l’événement rentrent dans leurs frais, que l’on imagine élevés. Côté positif, la circulation est aisée, il ne fait pas trop chaud - trop froid même selon d’aucuns - et, stigmatisé dans les commentaires que nous avons pu lire, le volume sonore raisonnable fit le plus grand bien à nos oreilles presque quarantenaires. On n’en dira pas forcément autant de la qualité sonore elle-même, par définition imparfaite dans une Halle des Foires.

On musardera entre les trois principales salles, en passant peu de temps dans la plus peuplée, au nom du mythique club bruxellois Fuse (ce dont on peut déduire une implication de celui-ci dans la programmation, qui est à la base l’oeuvre de vétérans liégeois dont celui cité ci-dessous). Gaiser, qui devait s’y produire en live à 3h du matin, était absent, raison de plus pour ne pas trop nous attarder là : on n’y entendra pas Pan-Pot, qui clôturait mais en même temps que Sven Väth, mais on y passa quelques instants très corrects avec Technasia (réduit depuis 7 ans au seul Charles Siegling) puis avec Len Faki. Avec pour le premier un son puissant, souple, métallique et dynamique, pour le second un set carré, de bonne tenue, aux sonorités plus actuelles, les deux stars, efficaces et fédératrices, raflèrent un joli succès de foule. On n’en dira pas autant de la plus petite salle, une sorte de no man’s land froid et désespérément dépeuplé, où se produisaient pourtant deux live acts (Sierra Sam aka Sammy Goossens, le vétéran liégeois dont question plus haut, pour un agréable set deep soulful oldskool bien balancé et assez pop, et Ortin Cam, originaire d’Hasselt et sans réel intérêt), et deux "gros noms" : Mark Broom et Space DJz, qui ont dû se demander ce qu’ils faisaient dans cet espace inhospitalier où ils n’auraient pu convaincre et où d’ailleurs on ne parvint pas à demeurer, n’ayant du coup rien de plus à dire de leur style attendu, techno binaire et sèche pour le premier, dominante UK house pour les seconds.

Reste, d’une part, la salle 100% Pure Electronic, assez bien nommée, où l’on arrive pour la fin du set d’un autre vétéran belge, Marco Bailey, prestation de fort bon aloi. On attendait avec curiosité James Ruskin, qui le suivait aux platines, séduit que nous sommes par ce que nous avons pu picorer dans ses nombreuses productions, élaborées et soignées, diffusées notamment chez Tresor et Blueprint. C’est, contrairement à ce d’aucuns ont pu commenter ensuite, dans cet espace que le son, à volume "normal", est le meilleur. L’Anglais se fait foisonnant et dur, le début de son set en forme de hippy-tech abusant des cuts et autres effets faciles. Décevant. On va voir ailleurs et on constate au retour en fin de set que l’assistance s’est clairsemée. Ce ne fut donc pas le jackpot de la nuit. S’ensuit un tout bon moment, dans cette même salle, avec le live de The Advent aka Cisco Ferreira, que l’on suit depuis longtemps, conquis par ses deux premiers efforts Elements of Life et New Beginnings - nettement moins ensuite par Sketched for Life et T.R.I.N.I.T.Y, trop durs à notre goût. Le vétéran a d’emblée claqué une techno certes martiale mais mélodique (enfin !) et subtilement agencée, puissante, claire et précise, avec des gimmicks presque synthpop. On a largement accroché à ces déflagrations classieuses et sans compromission. Un autre vieil écumeur de techno-dancefloors anglais, Dave Clarke, enchaîna avec un set rapide et maîtrisé de soulful tech aux relents jazz - pour la liberté d’inspiration et d’évolutions, même si le jazz est évidemment, comme la techno, un style très codifié -, à l’image d’un Dave Angel (autre grand ancien que l’on aimerait revoir). Certaines transitions abruptes surprennent ici, mais l’homme ose un style moins binaire et propose une salutaire - quoique mince - variation dans un océan un peu trop uniforme. On y profite ainsi d’une grappe de titres raisonnablement trippants et bien vintage, fleurant bon les 90’s.

Et donc, d’autre part, la plus grande salle, hostée par l’excellent label/club de Francfort Cocoon, avec son puissant lightshow et son agréable espace VIP. C’est du reste là qu’on a voulu commencer la soirée puisqu’y officiait Daniel Stefanik, dont les deux récents albums Confidence et Genesis sont très recommandables. Une mise en bouche un peu cérébrale, qui tombe un rien à plat car en-deça - comme si souvent - de ses productions, et un peu passe-partout. Suivit un live de Julien Bracht, dont nous n’avions pu entendre la moindre note auparavant. Il commence à cueillir le public avec montées et breaks de caisses claires bien sentis, et amples tunnels sonores classieux. Cérébral toujours, et premières nappes mélodiques de cette nuit qui n’en comportera plus guère jusqu’à l’assaut final. Ilario Alicante, ensuite, tout aussi inconnu de nous jusqu’ici, développa un gros son plus fédérateur et somme toute bien balancé, du moins autant qu’on peut l’être dans ce genre d’événement qui laisse peu de prise à la finesse électronique. Dubfire, seconde tête d’affiche, s’avéra décevant au vu de l’intérêt que l’Iranien suscite sur disque - à quand un premier album ? Déficit d’originalité qui nous conduisit ailleurs, avant de revenir là pour se terminer en beauté, sur le coup de 4h du matin, avec la star de la nuit, j’ai nommé Sven Väth qu’on ne présente plus. Impatient mais dubitatif vu le contexte, nous fûmes conquis, sans être bluffé, par ses imparables montées trance mélodiques, pourvues çà et là de samples vocaux. La salle désormais pleine lui réserva un bon accueil, heureuse d’avoir pu communier hands-in-the-air avec le héraut des labels Eye-Q et Harthouse, véritable et gigantesque pilier de la scène techno-trance européenne. Il défie notre fatigue avec ses envolées, ses martèlements, ses aigus tournoyants, et nous gratifie d’un set somme toute meilleur que d’autres, gravés sur disque, qu’on a déjà pu entendre de lui. Merci Monsieur, et merci aux organisateurs pour leur audace : on doute, malheureusement, qu’un événement purement techno et largement orienté oldskool, dont le souci est de proposer un line-up d’une réelle qualité, soit réellement rentable, à Liège, en 2015. L’assistance trop faible semble le confirmer, mais l’avenir nous le dira. Pour notre part, nous n’aurions pas voulu manquer cela.

Gilles Genicot
le 03/05/2015

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