Tout ce qui se fait sous le soleil

 date

du 06/03/2015 au 17/05/2015

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 appréciation
 tags

Alexandre Joly / Delphine Reist / Fabrice Gygi / Gordon Matta-Clark / Lieu Unique / Pierre Vadi

 liens

Lieu Unique

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En même temps que la HAB Galerie expose une partie du fonds du FRAC Pays-de-la-Loire (présentation que ces pages relateront très prochainement), le Lieu Unique s’attache, pour sa part, au Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève, choix attirant pour qui, comme nous, apprécie particulièrement la scène plasticienne suisse francophone. Pour autant, petite déception au vu de la liste des artistes présents au Lieu Unique puisqu’aucun de nos créateurs favoris ne sont là et qu’en lieu et place des abstractions géométriques prisées par ceux-ci, ce sont des œuvres plutôt sombres, voire morbides qui sont exposées. Le parcours se fait en traversant six « paysages », ensemble regroupant, de manière presqu’artificielle (certaines pièces pourraient très bien être situées dans un autre « paysage » que celui auquel elles sont rattachées), une demi-douzaine de créations censées illustrer une même thématique.

Plutôt sombre, donc, le cheminement nous entraîne des vidéos d’Antoine Roegiers illustrant les sept péchés capitaux aux 364 autoportraits (tous très durs dans leur représentation) réalisés sur une année par Bastien Gachet, en passant par le Stand de Tir de l’Armurerie des Bastions, Genève photographié par Elisa Larvego, la tête de mort en aluminium d’Ambroise Tiche, la revendication du tremblement de terre de 1992 en Californie par Gianni Motti ou les images fanées de Pierre-Olivier Arnaud.

Plombé par ces interventions, le visiteur peut également se trouver face à des habitats vides (la maison écorchée de Gordon Matta-Clark, la cathédrale dessinée par Hadrien Dussoix), en ruine (la salle aux néons qui tombent les uns après les autres filmée par Delphine Reist), en feu (la petite maison posée sur la main de Fabrice Gygi) ou en acier galvanisé (la petite maison munie de poignées de Florian Bach). Le corps humain ne résiste pas non plus à cette vision sinistre : bras aux veines saillantes de Balthasar Burkhard et sourire sarcastique du Joker de Pierre Vadi. Dans ce contexte, les paysages vides autour de Roissy de Claudio Moser ou même la forêt sous le brouillard de Thomas Maisonnasse peuvent presque paraître reposants.

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Alexandre Joly - Trames
(courtesy Le Lieu Unique)

Mais, assurément, le « paysage » qui nous a le plus transportés fut le « paysage sonore », avec le dispositif d’Alexandre Joly (des clous reliés par des cordes de piano), les pastilles de MDMA de Frédéric Post qui constellent une cimaise façon pointillisme ou bien la platine vinyle agrémentée de disques de béton de Jérémy Chevallier. Avec ses œuvres moins chargées, laissant davantage d’espace en leur sein et n’assénant pas leur propos au spectateur, cet espace, par lequel débute l’exposition, se suffit presqu’à lui-même.

François Bousquet
le 06/05/2015

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