Le lynx ne connaît pas de frontières

 date

du 24/03/2015 au 09/05/2015

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
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Diogo Pimentão / Fondation d’entreprise Ricard

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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S’attacher à présenter un aperçu de la scène plasticienne contemporaine d’un pays s’avère toujours une expérience un peu particulière. En effet, essayer de ramasser en une seule exposition un panorama d’une contrée entière peut apparaître comme une gageure, d’autant que les choix effectués en amont sont forcément subjectifs et instillent inévitablement un biais de perception. Pour autant, ce regard posé, cette forme d’instantané recèle bien une part de vérité et de captation de ce qui se passe et se fait dans une nation donnée à un moment donné. Pour rendre ainsi compte de la scène artistique portugaise, la commissaire Joana Neves a réuni dix plasticiens, parmi lesquels seul Diogo Pimentão nous était, jusqu’à présent, connu.

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Diogo Pimentão - Remaining (act)
(courtesy Fondation d’entreprise Ricard)

Avec ses deux monolithes de papier, couverts de graphite, celui-ci reflète une attirance pour le papier ou la sérigraphie, médiums dont on retrouve la trace chez d’autres intervenants. Ainsi, Fernando Calhau réalise des monochromes tandis que le collectif Oficina Arara accroche vingt sérigraphies et posters sur des fils et que Carla Filipe opère par collages sur du papier journal et des cahiers d’écolier. Trouvés dans une résidence en Belgique, ceux-ci ont conduit la jeune femme à revenir sur l’histoire de l’Inquisition Portugaise, moins connue que l’Espagnole, mais tout aussi (voire plus) violente. Cet attachement à l’Histoire et aux communautés persécutées trouve un autre écho chez Joana Escoval puisque son panier en osier (l’une des trois petites œuvres de l’artiste, toutes joliment dissimulées dans l’espace) renvoie à un groupe indigène situé à la frontière du Costa Rica et du Panama.

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Ângela Ferreira - Mont Mabu
(courtesy Fondation d’entreprise Ricard)

Davantage centrés sur leur histoire familiale ou personnelle, Otelo Fabião a modifié sa façon de travailler en quittant le Portugal pour Londres, jetant ses peintures dans la Tamise pour préférer des sculptures, créées à partir de matériaux de récupération (bois, pneus, sacs) alors qu’Igor Jesus consulte, en vidéo, une diseuse de bonne aventure pour invoquer l’esprit de son père. Ce mysticisme connaît d’autres déclinaisons avec la Capela (Chapelle) du duo Musa Paradisiaca, tissu formant une arche appelant au recueillement, l’installation d’Ângela Ferreira (structure et dessins évoquant le Mozambique, le film Tabou de Miguel Gomes et les fantômes qu’il véhicule) ou bien la lampe allumée d’André Figueiredo, symbole d’une présence dont on ne saura si elle est humaine.

François Bousquet
le 09/05/2015

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