Présences Electronique 2015 - Holly Herndon / Ilpo Vaisanen / Bjarni Gunnarson / Bernard Parmegiani / Carole Rieussec

 date du concert

07/03/2015

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Bernard Parmegiani / Carole Rieussec / Festival Présences Electronique 2015 / Holly Herndon / Ilpo Väisänen / Kristoff K.Roll / Le 104

 liens

Bernard Parmegiani
Le 104
Kristoff K.Roll
Festival Présences Electronique 2015
Holly Herndon
Carole Rieussec

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Cette deuxième journée de festival débutera pour nous à 18h avec le concert de Carole Rieussec, interprétant une sélection de pièces composées par des pionnières des musiques électroniques. Afin de resituer l’artiste, Carole Rieussec est la moitié de Kristoff K.Roll, le duo qu’elle forme avec Jean-Kristoff Camps et que l’on découvrait pour la première fois en concert lors de l’édition 2012 de ce même festival.
Carole débute par une petite présentation du projet d’une petite voix transformée en direct dans un style robotique. On apprend ainsi qu’il s’agit aujourd’hui d’un deuxième volet, le premier ayant été présenté lors d’un festival à Montpellier et un troisième étant déjà prévu pour septembre au Théâtre de l’Échangeur (Bagnolet). Brève présentation de Ruth Anderson, la première compositrice de ce set, puis Carole enchaîne avec l’interprétation d’une pièce particulièrement ambient de l’américaine dont le travail a été largement influencé par son étude du zen. Et puis une fois le morceau terminé, Carole reprend sa voix de robot et poursuit en présentant Maryanne Amacher, autre musicienne américaine que l’on écoute ensuite.
Le procédé est alors très répétitif, mettant l’accent sur la pédagogie (qui est il est vrai un élément important de ce festival) et finit par nous lasser alors qu’en contrepartie, on est plutôt conquis par le fait de voir ces musiciennes remises sur le devant de la scène le temps d’un set, croisant encore Laurie Spiegel, Delia Derbyshire et Else Marie Pade.

La suite se passe dans la grande salle et on commence à 20h avec Bernard Parmegiani, et plus précisément deux films réalisés en 1968 par Peter Foldés dont la musique est composée par le Français. Sur le premier intitulé Electrorythmes, la musique se fait pop, chatoyante, vivante et rythmée, le tempo étant parfaitement suivi par la chorégraphie d’Aulana Pharris.
Le second s’intitule Plus vite et s’appuie sur un jeu de boucles qui s’accélèrent, accompagnant du côté des visuels un couple qui utilise des moyens de transports de plus en plus rapides. Traduisant l’accélération de nos rythmes de vie dans une société moderne, cette pièce est plus expérimentale, croisant sonorités électroniques et concrètes, illustrant les bruitages du film.

Grâce à l’INA, on vous propose un petit intermède avec Electrorythmes.

Son nom nous disait vaguement quelque chose, mais c’est certainement en raison de sa consonance islandaise. Et puis en fait si, Bjami Gunnarsson ne nous est pas tout à fait inconnu puisqu’il incarne la moitié de Einóma, formation qui sévissait sur le label Vertical Form au début des années 2000.
Par contre en solo sa musique est extrêmement abstraite et expérimentale. On le comprend mieux en lisant sa bio, les instituts dans lesquels il a été formé, tandis que l’on apprend qu’il enseigne actuellement la composition algorithmique et la programmation. Son set d’une vingtaine de minutes débute par des souffles, crépitements et bruitages mécaniques, le tout progressant de concert, sous forme d’un magma répétitif tour à tour étouffant et granulaire.
Après une cassure bien marquée, l’islandais abordait une deuxième partie un peu plus alanguie, laissant une large place à des drones feutrés, un peu sourds. Plus reposante, cette dernière partie se révèlera aussi plus ennuyeuse, nous laissant alors avec un avis mitigé de cette prestation.

Cela fait belle lurette que l’on n’avait pas vu Ilpo Väisänen en concert, la dernière chronique d’un solo du Finlandais sur ces pages datant de 2007, lors des Siestes Électroniques toulousaines. Nous attendions donc peut-être beaucoup de cette prestation, le nom du Finlandais, avec celui de Carole Rieussec ayant clairement motivé notre déplacement.
Débutant de façon assez minimale, principalement à base de pulsation de basses, Ilpo Vaisanen répond dans un premier temps à ce à quoi on pouvait s’attendre. Quelques souffles et chuintements apportent un peu d’épaisseur au second plan mais on sera assez vite surpris par la relative linéarité de ton. Après une première partie rythmique et minimaliste, on aborde une transition à base de drones et circonvolutions synthétiques avant de reprendre un virage rythmique, toujours à base de pulsations de basses mais accompagnées de grésillements rythmiques et autres bruitages aux influences industrielles. Le résultat est plus complexe, d’apparence plus dur, mais le Finlandais joue là encore tout en retenue.
Encore une fois, on sortira de là avec une impression de trop peu, d’un petit manque de quelque chose, certainement de relief.

On ne connaissait pas Holly Herndon avant ce jour, mais nous avions hâte d’écouter sa prestation depuis que l’on avait entendu quelques séquences de son set, un peu plus tôt durant les balances. Elle est américaine, prépare actuellement un doctorat en Musique Informatique tandis qu’elle a notamment eu Fred Frith comme professeur pour sa maitrise. Après quelques productions publiées chez RVNG Intl. elle sortait il y a quelques jours son premier album pour le label 4AD, intitulé Platform.
On sera en fait assez surpris par son début de concert, composé de chuintements et concassages créant une rythmique abstraite, une musique concrète flirtant avec le bruitisme. Petit à petit quelques tonalités hésitantes apparaissent, puis des bribes vocales qui semblent être une caractéristique propre à la jeune femme. Au bout d’une dizaine de minutes l’Américaine a trouvé son rythme de croisière, les éléments ont trouvé leur place et on s’oriente gentiment vers une sorte de tech-pop-house colorée et légère : rythmique efficace mais sophistiquée, vocalises soyeuses subtilement triturées, au croisement d’AGF et Laurie Anderson.
La jeune femme reproduira un schéma similaire à plusieurs reprises : long passage très expérimental, abstrait réunissant de façon chaotique des éléments disparates qui finissent par trouver leur place et composer quelques pièces plutôt bien fichues. De ce fait, on regrettera le passage difficile, de la grâce au chaos apparent, à chaque fois que Holly Herndon démarre une nouvelle pièce. Le concert se terminera toutefois sur le superbe Fade, tiré de son album Movement, une techno-pop feutrée lorgnant vers la trance, basé sur des vocalises syncopées.

Un joli final mais une soirée qui nous laissera tout de même sur notre faim.

Fabrice ALLARD
le 25/05/2015

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