Festival Villette Sonique 2015 : Sun Kil Moon / Grouper

 date du concert

26/05/2015

 salle

Philharmonie 2,
Paris

 tags

Grouper / Philharmonie 2

 liens

Grouper
Philharmonie 2

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De retrouvailles il va être question dans cette recension du Festival Villette Sonique 2015. En effet, et alors que, pour cette édition, on se limita à une soirée (laissant de côté toute la programmation diurne), le plateau de ce mardi soir permit de retrouver Grouper (vue trois semaines auparavant à Lisbonne) et Neil Halstead (vu l’an passé à ce même Festival Villette Sonique, comme leader de Slowdive, et qui opérait cette fois-ci comme accompagnant de Sun Kil Moon).

Assistant donc au second concert de Grouper dans le même mois, on ne pouvait exiger de l’États-unienne une proposition très différente d’un set à l’autre. De fait, sa prestation parisienne fut assez proche de celle donnée au Teatro Maria Matos : morceaux chantés de space-folk avec arpèges de guitare au début, temps ambient avec manipulations diverses et empilements sonores dans une seconde partie. Des vidéos agrémentaient, à nouveau, les titres de Liz Harris, projetées sur un grand écran, derrière la jeune femme assise par terre : mer, écorce d’arbre, ville la nuit, yeux en gros plan. Si la balance voix-musique nous paru plus affinée qu’à Lisbonne, la présence permanente du souffle de la réverbération, même dans les passages non chantés, nous gêna davantage, venant masquer quelques interventions discrètes. Quittant la scène alors même que son fade out final n’était pas terminée, Grouper livra une petite heure tout à fait satisfaisante, même si l’effet de redite se fit inévitablement sentir.

S’étant bien remplie (on n’imaginait pas forcément que ce serait le cas), la salle de la Philarmonie 2 (nouveau nom donné à la Cité de la Musique) accueillit ensuite Sun Kil Moon, en mini-tournée à l’occasion de la parution de son nouvel album. Pour avoir suivi épisodiquement la carrière de Mark Kozelek (aussi bien avec Red House Painters qu’avec ce projet), on n’avait pas encore eu l’occasion de le voir sur scène et ce fut donc entouré de trois musiciens qu’il se présenta face à un public plutôt conquis d’avance. Dirigeant ostensiblement ses comparses, Kozelek donnait l’impulsion à la cymbale ou au tom basse placés en front de scène, indiquait les reprises ad libitum des thèmes ou faisait signe pour la fin des morceaux. Se permettant même de recadrer Neil Halstead (officiant à la guitare et aux chœurs, assis côté cour) quand celui-ci ne jouait pas dans le bon ton, l’États-unien apostrophait également régulièrement le public, introduisant les morceaux à venir ou annonçant, de manière un peu bravache, que le titre caudal ferait quinze minutes et n’avait pas encore été essayé en live (This Is My First Day And I’m Indian And I Work At A Gas Station).

Musicalement, la capacité du quatuor à alterner les registres put être saluée, capable de passer de titres de pure americana, portés par les déliés de la six-cordes de Neil Halstead et soutenus par la guitare rythmique de Dave Devine, à des pièces plus rythmées, lorsque Mike Stevens utilisait mailloches et baguettes derrière sa batterie (l’efficace Micheline sur lequel, à la différence de sa version studio, le cadre de caisse claire était frappé en cadence). Sur certains de ces morceaux, Mark Kozelek poussait sa voix, avec un chant presque proche du cri, mais plaçait aussi sa bouche trop près de son micro, générant des saturations perturbantes. Avec ses chansons à l’aspect narratif évident, jouant sur leur durée et le timbre sombre et profond de sa voix, Kozelek emporta aisément l’adhésion et fit même profiter l’assistance comblée de morceaux supplémentaires, poussant le concert autour de l’heure et demie.

François Bousquet
le 31/05/2015

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