Présences Electronique 2015 - Charles Cohen / Norbert Möslang / Zavoloka + Kotra / Thierry Balasse

 date du concert

08/03/2015

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Charles Cohen / Festival Présences Electronique 2015 / Kotra / Le 104 / Norbert Möslang / Zavoloka

 liens

Kotra
Zavoloka
Norbert Möslang
Le 104
Festival Présences Electronique 2015
Charles Cohen

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Pour cette dernière soirée de festival nous faisions l’impasse sur les deux premiers concerts et nous retrouvions donc le 104 à 20h, en grande partie pour voir le duo formé par Zavoloka et Kotra.

C’est le français Thierry Balasse qui ouvrait la soirée et que l’on découvrait pour l’occasion. Il présentait ici une pièce dédiée à Laurent Dailleau avec un dispositif assez atypique. L’artiste travaille le larsen avec des gants munis de microphones qu’il manipule au dessus de haut-parleurs. Puisque la pièce Garlic est dédiée à Laurent Dailleau, le français y a ajouté un Theremin.
Le concert débute par de petits bouillonnements qui viennent bientôt flirter avec des grincements métalliques, puis des tonalités électroniques qui semblent sortir de synthés analogiques. On est plutôt conquis par ce travail, ces sonorités toute en longueur, la fragilité qui s’en dégage, le tout avec une tonalité ambient, parfois un peu inquiétante. C’est notamment le cas à mi-parcours alors que le musicien travaille sur des sonorités plus graves, des raclements et tournoiements feutrés et plein d’écho, de grands élans vocaux un peu plaintifs, des souffles mécaniques qui semblent sortir d’effroyables machines.
Le final sera l’occasion de revenir a des sonorités plus alanguies, mais aussi bien plus affirmées qu’en début de concert. Des résonances métalliques croisent des élucubrations synthétiques pour un résultat plus léger, presque ludique, provoquant même quelques sourires dans le public. Assurément l’une de nos plus belles surprises de ce festival.

On partait donc conquis d’avance pour ce concert de Zavoloka et Kotra, les deux artistes qui gèrent le label Kvitnu, régulièrement évoqué sur ces pages. On a d’abord l’impression que Zavoloka démarre seule sur une belle intro minimaliste à base de grognements rythmiques et glissements synthétiques tournoyants, mais il sera difficile d’apprécier le travail de Kotra, caché par l’écran de son laptop. Le tempo est plutôt posé, les tonalités quelque peu inquiétantes, et au bout de quelques minutes des coups secs viennent concrétiser la rythmique.
On est toujours dans un entre deux, ici entre percussions et nappes anxiogènes, plus tard sur des tintements mélodiques flottants avant que les percussions lourdes, aux influences industrielles ne reprennent le dessus. La deuxième moitié du set restera très axée sur une electronica gentiment indus, que l’on trouvera justement un peu trop sage et consensuel au regard de ce que peuvent produire ces deux artistes. Un set agréable donc, mais assez attendu et qui nous ennuiera donc un peu sur la longueur, même si le concert ne dura qu’une petite vingtaine de minutes...

Extrait :

On passait ensuite à Norbert Möslang que l’on avait un peu oublié, ne suivant son travail quasiment qu’au travers de ses concerts parisiens. Principalement connu pour le projet Voice Crack qu’il menait avec Andy Guhl, le Suisse joue à partir de diverses machines électroniques qu’il détourne pour produire des sons, du bruit, bref une musique atypique, que l’on aura énormément de plaisir à retrouver ce soir. C’est extrêmement riche, entre claquements, tournoiements d’hélicoptère, sirène d’alarme, et toute une série de bruitages aux consonances industrielles et autres glitchs.
Un ensemble a priori hétéroclite, que l’on est plutôt habitué à trouver sur des musiques abstraites et expérimentales, mais qui ce soir s’assembla avec harmonie dans un tout particulièrement rythmique, grondant, pouvant flirter par moment avec un certain bruitisme, mais dont on apprécia la cohésion alors qu’il mêlait minimalisme de la structure et richesse d’un second plan particulièrement coloré. Un très joli set, là encore d’une vingtaine de minutes, visiblement salué par les fans du bonhomme.

En guise de conclusion, un personnage discret et aussi culte que ses machines puisque Charles Cohen possède l’un des rares Buchla Music Easel, un instrument créé en 1972 par une petite société californienne et conçu pour la scène, à la demande notamment d’un autre pionnier des musiques électroniques : Morton Subotnick.
Le frêle Charles Cohen prend place et se lance dans une longue improvisation d’une quarantaine de minutes, une sorte de trip psyché et chaotique, bourré à la fois de revirements de situation et de plages minimales. Le début de concert est très abstrait, l’artiste pose sa voix sur des gouttelettes synthétiques pour une intro dont la structure ne laisse aucun doute quant à son son aspect improvisé. Et puis petit à petit les bleeps électroniques forment une mélodie sautillante, pop, immédiatement accrocheuse. Un tempo et un style auquel le musicien reviendra très régulièrement, notamment avec des sonorités différentes, plus actuelles, offrant par la même une musique particulièrement moderne, une sorte d’électro(-nica) minimale.
Au fil du concert, il placera çà et là quelques passages plus expérimentaux, entre abstraction et bruit, comme pour enchaîner ses séquences pop. De très beaux moments, mais on se lassera un peu sur la longueur, peut-être de cette structure ou de ce tempo trop régulier.

Fabrice ALLARD
le 24/06/2015

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