Trahisons

 auteur

Harold Pinter

 metteur en scène

tg STAN

 date

du 15/06/2015 au 05/07/2015

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Harold Pinter / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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Montée en début de saison au Théâtre du Vieux-Colombier, Trahisons fait, à nouveau, l’objet d’une nouvelle mise en scène en cette fin de saison. Fidèles au Théâtre de la Bastille, les tg STAN s’y retrouvent donc pour proposer leur lecture de cette pièce d’Harold Pinter, très présent sur les plateaux français, aussi bien du théâtre privé que des scènes subventionnées. Si le lecteur ne connaît pas encore la manière dont le Britannique déroule cette histoire de trio amoureux, qu’il s’arrête ici car cette chronique ne va pas pouvoir éluder la structuration particulière de la pièce.

Lorsque Trahisons débute, Emma et Jerry sont dans un bar et se parlent comme si cela faisait à la fois longtemps qu’ils se connaissent et longtemps qu’ils ne se sont pas vus. De fait, ils ont été amants pendant sept ans et sortent d’une période sans s’être croisés. La suite de la dramaturgie va alors entreprendre de retracer, à rebours, le fil de cette liaison, remontant la chronologie avec notamment plusieurs scènes se tenant dans le studio de Wessex Grove, où le couple se retrouvait. Suffisamment claire, la narration n’a ainsi guère besoin de béquilles et les Flamands n’éprouvent alors pas la nécessité de surligner ou de mettre des cartons et autres aides pour que le public s’y retrouve. Quelques chansons connues parsèment néanmoins le spectacle, rythmant les temps entre deux scènes tandis que changements de décor et de tenue se font à vue.

Précisément, ce choix de tout montrer et de laisser en permanence les trois protagonistes présents sur le plateau crée un effet comique pas forcément aussi présent dans le texte de Pinter. Voir, par exemple, Emma et Jerry s’embrasser goulûment dans leur repaire illégitime pendant que Robert, le mari d’Emma et meilleur ami de Jerry, déplace quelques accessoires et éléments de décor généra force rire dans l’assistance. De même, le phrasé et les intonations des trois acteurs (qui ne jouent donc pas dans leur langue maternelle) renforcent cet aspect comique. Les quelques gags récurrents (autour du squash, d’un séjour à Torcello ou bien de Casey, l’un des auteurs dont s’occupent Robert - éditeur - et Jerry - agent littéraire -) sont également autant de stations ponctuant humoristiquement l’histoire de ce trio.

En vérité, plutôt que de trio, on en vient rapidement à se demander si la pièce, remarque souvent faite à l’endroit d’Harold Pinter, ne met pas à distance le personnage féminin pour s’attacher uniquement aux deux compères. De déjeuners réguliers en bourrades amicales, d’exercices d’admirations réciproques en témoignages d’affection, leurs échanges laissent à penser que leur proximité pourrait relever de quelque chose d’autre que de l’amitié. Ce sous-texte surgit même frontalement quand Robert dit à sa femme : « J’ai toujours aimé Jerry plus que je ne t’aime ». Le pluriel du titre prend alors tout son sens et, parmi toutes les trahisons, la plus douloureuse n’est probablement celle faite à Robert par Emma, mais bien celle faite par Jerry.

Autres dates :
-  18 octobre 2015 : Dimitria Festival - Thessalonique
-  du 2 au 4 février 2016 : Théâtre Les Tanneurs - Bruxelles

François Bousquet
le 22/06/2015

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