Sóley

Ask The Deep

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

08/05/2015

 genre

Rock

 style

Folk

 appréciation

 tags

Folk / Morr Music / Sóley

 liens

Morr Music
Sóley

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Avec un album qui commence par un morceau intitulé Devil et des paroles hantées (« Have I danced with the devil »), on pouvait imaginer que l’ambiance générale du nouvel album de Sóley ne serait pas des plus joyeuses. Le EP Krómantík, paru l’an passé, donnait déjà un aperçu de cette atmosphère assez lugubre mais se concentrait sur le piano, seul instrument présent sur les huit titres d’alors. Cette fois-ci, l’Islandaise retrouve son fidèle batteur (Jón Óskar Jónsson) et convoque, comme sur son premier long-format, des rythmiques électroniques afin d’apporter un contrepoint plus dense à ses compositions.

Dans ce contexte, son écriture semble avoir gagné également en ambition, se déployant davantage, osant quelques circonvolutions alors que, par le passé, la jeune femme paraissait cantonnée à des structures plus traditionnelles. À ce titre, la présence d’un court intermède instrumental, qu’on pourrait voir comme une respiration s’il était moins sombre, montre bien cette volonté de ne pas se limiter à des schémas basiques (Óhljóð). La voix de Sóley Stefánsdóttir paraît aussi plus assurée que par le passé, lui permettant de la mettre soit très en avant (Halloween), soit de l’assortir d’une belle réverbération (Ævintýr). En revanche, les passages sur lesquels son timbre est doublé, ou bien accompagné de chœurs, souffrent d’une trop grande banalité (Follow Me Down).

Afin d’accentuer encore l’atmosphère mystique qui se dégage de l’ensemble du disque (jusqu’à sa pochette et son visuel de retranscription cauchemardesque), un harmonium se trouve convoqué dans I Will Never, tandis que la voix de l’Islandaise trace un chemin plus lumineux. Parvenu au terme de la grosse demi-heure que compte Ask The Deep, le piano solo de la jeune femme fait son apparition, renouant avec un certain apaisement, comme si les rêves tourmentées prenaient fin et que, le jour arrivant, les nuées tumultueuses se dissipaient.

François Bousquet
le 27/07/2015

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