LITE / Silent Whale Becomes A° Dream

 date du concert

21/08/2015

 salle

Batofar,
Paris

 tags

Batofar

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Repérés de longue date, pour leurs sorties sur Arbouse Recordings, nous n’avions pas encore eu la possibilité de voir les Français de Silent Whale Becomes A° Dream sur scène, lors même qu’ils passent fréquemment en région parisienne. Située en fin de semaine, dans cette deuxième quinzaine d’août, la venue des Japonais de LITE va permettre de réparer cet impair et de découvrir, dans le même mouvement, ce quatuor qui avait fait déplacer pas mal de monde au navire rouge, et notamment plusieurs Japonais (on nous indique que le groupe connaît un grand succès là-bas).

Alors que le public continue d’entrer dans la cale du Batofar, Silent Whale Becomes A° Dream commence déjà son set (il faut dire que nous sommes vendredi et que le début de la soirée club, programmée après la série de concerts, ne saurait être décalée), les quatre musiciens étant assis sur scène, prêts à distiller une demi-heure de post-rock contemplatif, pouvant toutefois réserver quelques montées plus lyriques. Les trente (et trop courtes) minutes de live leur laissèrent le temps de jouer deux morceaux : As Walking On Canopy et Architeuthis. Ce dernier est une nouveauté discographique, lâchée sur leur toute récente page Bandcamp, qui laisse présager une suite à Canopy, leur premier LP sorti il y a quatre ans. Pour les mordus de ce disque, l’écoute du premier titre dans les conditions du live représente une expérience de l’ordre de la madeleine enfin dégustée. Les mélodies de guitare, toute en vibrations et en crescendos élégiaques, parviennent à saisir l’oreille et l’émotion dès l’ouverture du jeu. Après l’entrée en scène de la batterie, l’intensité s’accroit jusqu’à ce que les paupières se closent pour apprécier l’explosion naissante. Mais même si ce style musical conserve assurément nos préférences, nous ne pûmes réprimer le sentiment de se trouver face à la répétition, d’un titre à l’autre, d’un schéma un peu similaire : mise en place d’une ligne mélodique à la guitare, introduction de la basse et de la deuxième guitare, ajout de la batterie puis passage nerveux avec frappes sur les fûts combinées à des saturations sur les six-cordes et, enfin, final très sonore. Concentrés et appliqués, les Français avaient également sollicité l’appui de vidéos, projetées en fond de scène mais difficilement perceptibles.

Deuxième plateau, les Français Hush Frequency auront représenté la bonne surprise de la soirée. Inconnus de nos services, le groupe a livré un live sans temps mort ni fausse note, à la fois nerveux et bondissant. Leur math-rock distille le juste équilibre de rudesse et d’agilité, alternant les épisodes proprement lourds et les intermèdes plus déliés, qui voient la guitare s’adonner à des motifs complexes, à la limite du sautillant. Une chose est sure, la musique de Hush Frequency se danse très bien.

Avec LITE, il s’agit d’une autre forme de musique instrumentale se caractérisant par des lignes de guitares ultra-rapides, une batterie très présente et l’utilisation d’accords de basse. Ce math-rock se fit parfois même proche d’une certaine transe un peu psyché, marquée par la volonté de faire participer le public par des vocalises. Alors que la tentation était grande, pour les Japonais, de verser dans la démonstration de virtuosité ou l’épate, il s’agissait plutôt de s’ébrouer avec vigueur, au rythme d’une musique tout à fait entraînante et servie par un light-show calibré. Un bon nombre de morceaux ont tenu cette promesse, servis par des musiciens manifestement contents d’être là et accueillis par des fans tout aussi ravis. Certains passages nous laisseront tout de même un peu circonspects, en particulier lorsqu’une batterie de mélodies synthétiques un brin criardes se joignent aux guitares, qui n’avaient franchement pas besoin de ça, ou que les vidéos jouent concours du motif le plus kitsch avec elles-mêmes. Mais ce serait chipoter que de s’estimer déçu, la soirée s’étant globalement révélée plus que convaincante.

François Bousquet, Manon Torres
le 28/08/2015