De l’Ambition

 auteur

Yann Reuzeau

 metteur en scène

Yann Reuzeau

 date

du 08/09/2015 au 16/10/2015

 salle

Théâtre du Soleil,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre du Soleil / Yann Reuzeau

 liens

Théâtre du Soleil

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Après le très remarqué Chute d’une Nation (cette saga politique en quatre « épisodes », reprise pour quelques intégrales dans ce même Théâtre du Soleil), Yann Reuzeau monte lui-même sa nouvelle pièce, centrée sur cinq lycéens de terminale, leurs attentes, déceptions et regards sur la vie. Matériau largement usité par la littérature et le cinéma, ce passage de l’adolescence à l’âge adulte trouve, ici, une déclinaison assez juste, marquée par une écriture très réaliste, des dialogues tout à fait réels et un jeu en harmonie.

Comme souvent dans ce type de proposition, chaque jeune est suffisamment dépeint pour susciter une forme d’identification (ou de reconnaissance) chez le spectateur et, dans le même temps, tenter de mettre en place des caractères quasi-archétypiques. Ainsi trouve-t-on, dans le spectacle, Léa, avide de changer le monde et d’aider son prochain, Jonathan, blasé et misanthrope, Elliott, légèrement candide et désireux que rien ne change autour de lui, Parvaneh, partagée entre ses cultures iranienne et française, et Cécile, très introvertie et renfermée. De séances de révision pour le bac en soirées dans le grand appartement de Jonathan ou repas à la cantine, les éclats de voix succèdent aux séquences où les jeunes sont amenés à s’interroger sur leur avenir.

Entre deux âges, entre deux périodes, les protagonistes hésitent, se confrontent puis se retrouvent, au gré de trajectoires parfois un peu trop ouvertement destinées à se croiser. Précisément, le spectacle pêche un peu par une forme de sur-écriture, qu’on pouvait déjà suspecter dès son titre, aspirant à étreindre très large (ce « de » latiniste et universaliste) et à s’attacher à un désir qui n’est que rarement traduit sur le plateau. Au-delà, De l’Ambition offre à deux des jeunes femmes des parcours évidemment contraires (l’une, très présente dans le groupe, va traverser des épreuves qui vont l’éloigner des autres, tandis que l’autre, plus effacée, va se révéler peu à peu) alors que le caractère un rien répétitif des scènes, dans les deux premiers tiers surtout, avec leur étirement dans la durée et la réitération de passages rêvés, alourdit une bonne part d’une pièce qui aurait pu être resserrée. Reste néanmoins, assurément, une belle captation de cet « âge des possibles », porté par des comédiens enthousiasmants et convaincants.

François Bousquet
le 15/09/2015